L’Agence internationale de l’énergie atomique a relevé lundi 14 septembre 2026, pour la sixième année consécutive, ses prévisions de croissance de l’énergie nucléaire. Elle estime que la capacité nucléaire mondiale en exploitation pourrait atteindre 1 284 gigawatts électriques d’ici 2060 dans le scénario haut, soit 3,4 fois son niveau de fin 2025.
Le rapport annuel de l’agence indique que la capacité nucléaire mondiale en exploitation s’élevait à 377,1 gigawatts électriques fin 2025, répartie entre 413 réacteurs opérationnels. Dans le scénario haut, elle devrait atteindre 1 045 gigawatts électriques d’ici 2050, contre une précédente prévision de 992 gigawatts électriques.
Un scénario bas proche du doublement de la capacité
À l’inverse, l’agence prévoit, dans le scénario bas, une hausse de la capacité nucléaire mondiale à 641 gigawatts électriques d’ici 2050, puis à 696 gigawatts électriques d’ici 2060, contre une prévision de 561 gigawatts électriques pour 2050 dans son rapport de l’an dernier.
Le scénario bas suppose la poursuite des tendances actuelles du marché, des technologies et des ressources, ainsi que le maintien des lois, politiques et réglementations sans changements majeurs. Le scénario haut tient en revanche compte des projets des pays visant à accroître le recours à l’énergie nucléaire.
Le rôle croissant des petits réacteurs modulaires
L’agence prévoit que la capacité des petits réacteurs modulaires atteindra 284 gigawatts électriques d’ici 2060 dans le scénario haut, soit 28 % du total de 1 017 gigawatts électriques de nouvelles capacités ajoutées. Cela correspondrait à 946 réacteurs si la puissance moyenne d’une unité était de 300 mégawatts électriques, ou à 1 136 réacteurs avec une puissance moyenne de 250 mégawatts électriques.
Dans le scénario bas, la capacité de ces réacteurs pourrait atteindre 120 gigawatts électriques d’ici 2060, soit 400 unités d’une puissance moyenne de 300 mégawatts électriques ou 480 unités d’une puissance moyenne de 250 mégawatts électriques.
Investissements et prolongation de la durée d’exploitation des réacteurs
Le directeur général de l’agence, Rafael Mariano Grossi, a déclaré que la concrétisation de ce potentiel nécessitait d’investir dans de nouvelles capacités nucléaires et de prolonger la durée d’exploitation des réacteurs, alors que le nucléaire joue un rôle croissant pour répondre aux besoins grandissants du monde en électricité.
Selon les estimations de l’agence, 70 % de la capacité nucléaire actuellement en exploitation le restera en 2060 dans le scénario haut. Le scénario bas prévoit en revanche le retrait d’environ deux tiers des unités actuellement en service, ce qui accentuera le besoin de construire de nouvelles capacités pour remplacer les réacteurs mis à l’arrêt.