Les ministres des Affaires étrangères du Qatar, de l’Égypte, de la Jordanie, des Émirats arabes unis, de l’Arabie saoudite, de la Turquie, de l’Indonésie et du Pakistan ont salué mercredi la décision du gouvernement britannique d’interdire l’importation de produits fabriqués dans les colonies israéliennes du territoire palestinien occupé et d’imposer des restrictions aux services qui y sont liés, estimant que ces mesures sont conformes au droit international et favorisent la reddition de comptes des acteurs des activités de colonisation.
Dans une déclaration commune, les ministres ont exprimé l’espoir que la décision britannique inciterait la communauté internationale à prendre des mesures similaires, notamment en demandant des comptes aux organisations de colons et aux individus qui participent au soutien ou à l’expansion des colonies, ainsi qu’en prenant des mesures concrètes pour mettre fin aux activités économiques et commerciales qui contribuent à la poursuite de la colonisation dans les territoires palestiniens occupés.
Mesures britanniques contre le commerce des colonies
La position des huit pays intervient après l’annonce faite mardi par le ministre britannique des Affaires étrangères, Ed Miliband, selon laquelle son pays empêcherait l’importation de produits provenant des colonies que Londres considère comme illégales en Cisjordanie occupée.
La Grande-Bretagne a également annoncé des sanctions contre les entreprises et les individus fournissant des services liés à l’expansion des colonies, notamment dans les secteurs de la construction, des infrastructures, du financement et de l’immobilier, ainsi que contre des colons accusés d’inciter à la violence contre les Palestiniens ou de la soutenir.
Miliband a déclaré que son gouvernement rejetterait désormais les demandes de licences d’exportation d’armes et de produits susceptibles de contribuer de manière significative au soutien de l’occupation, après avoir suspendu plus de 30 licences d’exportation d’armes liées aux opérations militaires israéliennes à Gaza.
Appel à une action internationale similaire
La déclaration des huit pays a salué une position commune adoptée par les ministres des Affaires étrangères du Canada, du Danemark, de la Finlande, de la France, de l’Islande, de l’Irlande, de la Norvège, de la Pologne, du Portugal, de l’Espagne, de la Suède et du Royaume-Uni au sujet de la solution à deux États. Ces pays ont annoncé leur intention d’imposer des restrictions nationales au commerce lié aux colonies, de soutenir des mesures européennes visant ce commerce ou d’étudier des mesures similaires conformément à leur législation nationale.
Ces initiatives sont intervenues alors que 12 pays, dont la Grande-Bretagne, la France et le Canada, annonçaient leur intention d’imposer des restrictions nationales au commerce lié aux colonies ou de soutenir des mesures européennes similaires, avertissant que les politiques israéliennes en Cisjordanie compromettent les chances de parvenir à une solution à deux États.
Les ministres des huit pays ont lié leur appel aux résolutions des Nations unies, notamment à la résolution 2334 du Conseil de sécurité, adoptée en 2016, et à l’avis consultatif rendu par la Cour internationale de justice le 19 juillet 2024. Ils ont également appelé Israël à annuler les mesures liées à la colonisation et à mettre fin aux politiques visant à modifier le caractère géographique et démographique du territoire palestinien occupé.
Les ministres ont réaffirmé l’engagement de leurs pays à ne reconnaître aucune situation juridique résultant de l’occupation israélienne et à ne fournir aucun soutien contribuant à sa poursuite.
Gaza et la solution à deux États
La déclaration affirme que la bande de Gaza fait partie intégrante du territoire palestinien occupé et appelle à la mise en œuvre immédiate et complète du plan du président américain Donald Trump visant à mettre fin au conflit dans la bande, à répondre à la crise humanitaire et à soutenir la reconstruction et le relèvement.
Les ministres ont réaffirmé leur attachement à la solution à deux États et à l’établissement d’un État palestinien indépendant sur les frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale.