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Trois dossiers mettent à l’épreuve l’efficacité de l’ONU lors de sa 81e session

New York accueille quelque 130 chefs d’État et de gouvernement pour participer à la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, sur fond de pressions financières et de recul du consensus entre les grandes puissances. Les discussions porteront principalement sur la confrontation au Moyen-Orient, la guerre russo-ukrainienne et la gouvernance de l’intelligence artificielle, ainsi que sur les répercussions des crises pour la navigation, l’énergie, l’alimentation et le commerce mondial.

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Vue de la salle de l’Assemblée générale des Nations unies pendant une séance, avec un intervenant à la tribune, des écrans et l’emblème de l’ONU.

Les travaux de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies débuteront à New York le 22 septembre, avec la participation d’environ 130 chefs d’État et de gouvernement. Ces réunions soumettront à une nouvelle épreuve la capacité de l’organisation internationale à faire face aux guerres et aux crises transfrontalières, dans un contexte de pressions financières qui menacent sa capacité à remplir ses missions et de recul du consensus entre les grandes puissances.

Les principales réunions se poursuivront jusqu’au 26 septembre, tandis que la session s’achèvera le 28 du même mois, sous le thème « Restaurer la confiance, gérer la transformation: une ONU qui produit des résultats pour tous ».

L’ordre du jour ne se limite pas aux discours des dirigeants et aux rencontres diplomatiques. Il englobe des conflits ouverts et des défis économiques et sécuritaires, ainsi que l’essor rapide de l’intelligence artificielle, un dossier dont les répercussions dépassent la capacité de contrôle de tout État agissant seul.

La session se tient à un moment où l’ONU est interrogée sur sa capacité à passer de la gestion des crises et du suivi de leurs répercussions à une influence réelle sur leur évolution. L’élargissement des divergences entre les grandes puissances internationales complique davantage ce rôle, en réduisant les chances de parvenir à des positions communes sur plusieurs conflits et dossiers soumis aux institutions de l’organisation.

Les limites du consensus mettent le rôle de l’organisation à l’épreuve

Les réunions de cette année marquent le retour du président américain Donald Trump à la tribune de l’ONU, tandis que le président chinois Xi Jinping sera absent de New York. La session coïncide également avec l’approche de la fin du mandat du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, en décembre 2026, ce qui ajoute une dimension aux discussions sur le rôle de l’organisation et l’efficacité de ses institutions.

Le Moyen-Orient figure en tête des préoccupations internationales, dans un contexte de poursuite de la confrontation entre les États-Unis, Israël et l’Iran, dont les répercussions ne se limitent plus aux théâtres d’affrontement direct. Les effets de l’escalade se sont étendus à la sécurité de la navigation, aux approvisionnements énergétiques et aux échanges commerciaux mondiaux, rattachant la crise à des intérêts économiques et sécuritaires qui dépassent les frontières de la région.

Les inquiétudes portent en particulier sur les voies maritimes stratégiques, en raison d’une éventuelle intervention des Houthis dans la navigation en mer Rouge et dans le détroit de Bab el-Mandeb.

Cette éventualité accentue les pressions sur le secteur du transport maritime et les marchés de l’énergie, alors que les considérations militaires se mêlent aux intérêts commerciaux internationaux et qu’il devient plus difficile de contenir l’escalade à mesure que ses répercussions régionales et internationales s’étendent. En Europe, la guerre russo-ukrainienne reste l’une des principales épreuves auxquelles est confronté l’ordre international, alors que le conflit entre dans sa cinquième année.

Les répercussions de l’escalade sur la navigation et l’énergie

Les répercussions de la guerre ne se limitent pas aux aspects sécuritaires ou aux opérations militaires à l’intérieur des frontières des deux pays. Elles s’étendent aux marchés de l’énergie et de l’alimentation ainsi qu’au commerce mondial, faisant de son évolution un sujet central des discussions entre les dirigeants participant aux réunions de l’Assemblée générale.

La sécurité de la mer Noire occupe une place importante parmi les dossiers liés à la guerre, tout comme la poursuite des exportations de céréales, d’engrais et d’énergie. Ces questions suscitent l’attention internationale en raison de leur incidence sur les approvisionnements et les marchés, tandis que les démarches diplomatiques se poursuivent pour trouver des voies susceptibles de réduire l’escalade et de créer les conditions d’un règlement politique du conflit.

L’ONU se heurte à des contraintes politiques évidentes dans le dossier ukrainien, le droit de veto de la Russie au Conseil de sécurité limitant la capacité de celui-ci à adopter des mesures contraignantes pour mettre fin à la guerre.

Ce blocage met en évidence l’écart entre l’ampleur des défis auxquels l’ordre international est confronté et sa capacité à dégager un consensus entre les grandes puissances sur les mécanismes permettant d’y répondre, ce qui se répercute directement sur le rôle de l’organisation et l’efficacité de ses institutions. Parallèlement aux conflits armés, l’intelligence artificielle s’impose à l’ordre du jour de la session comme l’un des principaux nouveaux défis pour l’ordre international.

La guerre en Ukraine et les limites de l’action du Conseil de sécurité

Cette technologie n’est plus seulement un dossier économique ou technique. Elle est désormais liée à la sécurité, au marché du travail, à l’économie et à l’avenir de la gestion des risques mondiaux, alors que ses usages s’étendent et que ses capacités se développent rapidement dans plusieurs pays et entreprises.

L’une des principales difficultés de ce dossier tient au fait que les capacités de l’intelligence artificielle évoluent plus rapidement que le processus d’élaboration des règles encadrant son utilisation. Cette situation alimente un débat international sur la manière de concilier les bénéfices potentiels de la technologie et la limitation des risques que pourraient entraîner son déploiement et son utilisation à grande échelle dans des secteurs sensibles et influents.

Guterres place la gouvernance de l’intelligence artificielle parmi les priorités de l’ONU, appelant les pays et les entreprises qui dirigent son développement à adopter des garde-fous communs afin d’empêcher que la compétition technologique ne se transforme en une course dont il serait difficile de maîtriser les répercussions.

Les efforts pour réglementer l’intelligence artificielle à l’échelle internationale

Ces appels s’inscrivent dans les efforts de l’organisation pour bâtir un cadre international traitant cette technologie comme une question qui dépasse les frontières nationales. En 2023, l’ONU a créé un organe consultatif réunissant des responsables gouvernementaux ainsi que des experts du secteur technologique et du monde universitaire.

Cette initiative visait à élaborer une approche internationale de la gouvernance de l’intelligence artificielle, alors que l’organisation cherche à réunir les gouvernements, les acteurs qui développent la technologie et les compétences scientifiques afin de formuler des règles communes qui réduisent les risques tout en permettant de tirer parti du progrès technologique.