Le ministre sud-coréen des Affaires étrangères Cho Hyun et son homologue iranien Abbas Araghchi ont discuté vendredi de la situation au Moyen-Orient et du dossier du détroit d’Ormuz, lors d’un entretien téléphonique intervenu après la mise en garde de Téhéran contre une participation militaire de Séoul à des opérations dans le Golfe et sur cette voie maritime.
Séoul et Téhéran en contact après les perturbations de la navigation
Le ministère sud-coréen des Affaires étrangères a indiqué que l’appel avait eu lieu à la demande de Téhéran. Cet échange intervient quelques jours après l’annonce par Séoul qu’elle étudiait la possibilité de contribuer à la sécurité du détroit d’Ormuz, où la circulation maritime connaît de graves perturbations depuis le début de la guerre entre les États-Unis et l’Iran, le 28 février.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, avait déclaré lundi que toute présence ou participation militaire sud-coréenne à des opérations dans le Golfe et le détroit d’Ormuz serait considérée comme un soutien à ce qu’il a qualifié d’« agression américaine », mettant en garde contre de « graves conséquences ». Dans une publication en coréen sur la plateforme X, Baghaï a souligné que les relations entre Téhéran et Séoul remontaient à plus de 64 ans et s’étaient développées sur la base du respect mutuel.
L’Iran rejette toute contribution militaire sud-coréenne
Il a parallèlement réaffirmé la position de son pays, opposé à toute contribution militaire sud-coréenne dans la région. De son côté, le ministère sud-coréen de la Défense a annoncé mardi l’envoi d’une équipe chargée d’établir les faits afin d’évaluer la situation régionale et les conditions de sécurité dans le détroit d’Ormuz.
Il a insisté sur le fait que la mission de l’équipe ne préjugeait pas d’un déploiement de troupes et que Séoul n’avait pris aucune décision en la matière. L’équipe s’est rendue aux Émirats arabes unis durant le week-end dernier afin d’évaluer les conditions opérationnelles liées à un éventuel déploiement de troupes, selon des responsables sud-coréens.
Cette initiative avait été précédée par une décision prise en août par le président américain Donald Trump de réduire les exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud. Cette décision s’expliquait notamment par le refus de Séoul d’aider Washington dans sa guerre contre l’Iran.