Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a affirmé lundi que son gouvernement poursuivait la mise en œuvre des réformes, l’extension de l’autorité de l’État et le contrôle des armes par celui-ci, soulignant la nécessité de maintenir le soutien américain à l’armée libanaise afin de renforcer ses capacités, parallèlement à la mobilisation d’un soutien international aux efforts de redressement et de reconstruction au Liban.
Salam et Shaheen discutent du soutien au Liban
Cette position a été exprimée par Salam lors de sa rencontre avec la sénatrice américaine Jeanne Shaheen, membre éminente de la commission des affaires étrangères du Sénat, au siège de la mission permanente du Liban auprès des Nations unies à New York. L’ambassadrice du Liban aux États-Unis, Nada Hamadeh Moawad, a également participé à la réunion. Les discussions ont porté sur les derniers développements au Liban et dans la région, ainsi que sur les relations libano-américaines.
Salam a salué les positions défendues par Shaheen en soutien au Liban, mettant notamment en avant son soutien constant à l’armée libanaise, alors que le gouvernement cherche à renforcer les institutions de l’État et à étendre son autorité. Le Premier ministre libanais a mis en garde contre le risque de voir apparaître un vide au moment où la mission de la Force intérimaire des Nations unies au Liban, la FINUL, arrivera à son terme.
Il a affirmé que son pays avait besoin du maintien de la présence internationale dans le sud du Liban, compte tenu des développements sécuritaires et sur le terrain dans la zone frontalière. De son côté, Shaheen a appelé le Liban à poursuivre ses efforts pour que les armes soient placées sous l’autorité de l’État. Elle a également souligné l’importance pour le Parlement d’adopter la loi sur le déficit financier et pour les autorités de poursuivre les réformes requises en vue de parvenir à un accord avec le Fonds monétaire international.
L’accord-cadre définit la voie du désarmement et du retrait
Ces positions interviennent après la conclusion par le Liban et Israël d’un accord-cadre le 26 juin dernier, à l’issue de cinq séries de négociations directes menées sous médiation américaine. L’accord prévoyait le désarmement du Hezbollah, le retrait progressif d’Israël des territoires qu’il contrôle dans le sud du Liban et le déploiement de l’armée libanaise, en commençant par des zones qualifiées d’« expérimentales ».
Malgré l’accord, les forces israéliennes sont toujours présentes dans de vastes zones du sud du Liban, où elles ont annoncé l’établissement d’une « zone de sécurité » d’une profondeur pouvant atteindre dix kilomètres le long de la frontière. Elles continuent également de mener des frappes ainsi que de vastes opérations de démolition et de dynamitage dans ces zones. L’accord-cadre est intervenu après la guerre déclenchée le 28 février dernier entre, d’une part, les États-Unis et Israël et, d’autre part, l’Iran.
La guerre s’est étendue au Liban le 2 mars, après que le Hezbollah a tiré des missiles sur Israël en réponse à la mort du guide iranien Ali Khamenei, tué le premier jour des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran. Selon les autorités libanaises, les frappes israéliennes ont fait plus de 4 300 morts.