Les premiers résultats des élections législatives russes, publiés le lundi 21 septembre 2026 au matin, donnent le parti au pouvoir Russie unie en tête d’un scrutin qui s’est déroulé sur trois jours, sur fond de cyberattaques et d’intenses frappes ukrainiennes de drones visant Moscou et d’autres régions russes lors du dernier jour de vote.
Les premiers résultats donnent Russie unie en tête
Le parti dirigé par l’ancien président Dmitri Medvedev et soutenant le président Vladimir Poutine a obtenu 57,5 % des voix après le dépouillement d’environ 71 % des bulletins. Le Parti communiste de la Fédération de Russie est arrivé deuxième avec 14 %, tandis que le parti nationaliste Russie libérale-démocrate s’est classé troisième avec 8,7 %.
Ce résultat, selon les projections de l’agence russe Tass, indique que le parti au pouvoir est en passe d’obtenir une majorité des deux tiers à la Douma, une majorité qui lui permettrait de modifier la Constitution. Il était largement attendu que Russie unie conserve son emprise sur la chambre basse du Parlement russe. Le vote a commencé vendredi et s’est achevé dimanche; 111 millions d’électeurs étaient habilités à participer.
Les élections, les premières depuis le début de l’offensive russe à grande échelle contre l’Ukraine en 2022, visent à renouveler les 450 sièges de la Douma. Le scrutin a inclus les habitants de quatre régions ukrainiennes dont Moscou a annoncé l’annexion après le début de la guerre, bien qu’elle ne les contrôle pas entièrement, ainsi que les habitants de la péninsule de Crimée, en mer Noire, annexée par la Russie en 2014.
Le scrutin inclut des régions disputées
Kiev a condamné la tenue du vote dans ces régions, la qualifiant d’illégale, tandis que l’Union européenne l’a considérée comme une « violation flagrante du droit international ». Le scrutin s’est déroulé sous de fortes restrictions et en l’absence quasi totale de partis d’opposition aux politiques de Poutine.
Seuls les partis soutenant, à des degrés divers, le président russe et la guerre en Ukraine ont été autorisés à participer: le Parti communiste de la Fédération de Russie, le parti nationaliste Russie libérale-démocrate, le parti conservateur Russie juste et le parti libéral Peuple nouveau, ainsi que le parti au pouvoir. Le parti Iabloko, considéré comme le seul parti ouvertement opposé à la guerre, avait d’abord été autorisé à se présenter avant d’être écarté par la justice en août.
L’Union européenne a également condamné la tenue du scrutin dans un climat marqué, selon elle, par une « répression systématique et institutionnelle ». Poutine avait appelé les citoyens russes à participer et présenté le vote comme une expression du soutien à l’armée et une « réponse à ceux qui veulent affaiblir la Russie ». Le Kremlin cherchait, à travers ces élections, à montrer l’existence d’un soutien populaire à la guerre et à renforcer la légitimité de ses actions liées à celle-ci.
Critiques européennes et restrictions de la concurrence
Medvedev, qui dirige le parti Russie unie, a déclaré que son parti avait apparemment réalisé une « performance remarquable ». Il a ajouté, dans une déclaration relayée par l’agence russe RIA: « Nous devons maintenant mettre en œuvre les décisions du président ». Le vote a coïncidé avec de vastes cyberattaques qui, selon la Commission électorale russe, ont visé le système de vote électronique et les infrastructures de communication.
La Commission a annoncé avoir détecté « plus d’un millier » de vagues de tentatives visant à saturer le système de requêtes, ainsi que des attaques contre « les infrastructures de communication en Russie en général ». Ces attaques, connues sous le nom d’attaques par déni de service distribué, visent à perturber les systèmes électroniques en les submergeant d’un flux continu de requêtes.
La présidente de la Commission électorale, Ella Pamfilova, a déclaré que les attaques avaient été menées par des « groupes très professionnels et bien coordonnés utilisant des outils d’intelligence artificielle », ajoutant que certaines tentatives présentaient des « indices d’une implication ukrainienne ». Pamfilova avait annoncé samedi que les systèmes électoraux avaient subi une « forte cyberattaque », tout en affirmant que celle-ci ne les avait pas paralysés.
Les attaques de drones font deux morts près de Moscou
Le vote s’est poursuivi parallèlement à des vagues de drones ukrainiens visant la capitale russe et ses environs. Des responsables russes ont déclaré que les attaques du dernier jour des élections avaient fait deux morts et provoqué un incendie dans une raffinerie de pétrole.
Le gouverneur de la région de Moscou, Andreï Vorobiov, a précisé qu’une femme de 44 ans et un homme âgé avaient été tués sur deux sites distincts. Environ 400 personnes ont également été évacuées d’un immeuble de 21 étages après qu’un drone l’eut percuté. Le ministère russe de la Défense a accusé l’Ukraine de tenter de « faire échouer l’expression démocratique de la volonté des citoyens russes » et a déclaré que Moscou continuerait à « intensifier ses frappes au moyen d’armes de haute précision contre des cibles militaires à Kiev ».
Le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, a qualifié l’attaque ukrainienne d’« sans précédent » et déclaré qu’elle avait « clairement été planifiée dans le but de perturber les élections ». Il a ajouté que « l’ennemi n’a pas réussi », précisant que les défenses antiaériennes russes avaient abattu plus de 1 600 drones, dont 450, selon lui, se dirigeaient vers Moscou.
Le ministère russe de la Défense a annoncé lundi que ses forces avaient frappé plusieurs cibles en Ukraine, dont deux navires de commerce qu’il affirme être utilisés à des fins militaires, une station de distribution de gaz et des infrastructures du port d’Izmaïl, ainsi que le centre logistique et d’approvisionnement « PDU Logistic » dans la région de Kiev. De son côté, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a salué les frappes visant le territoire russe.
Il a déclaré que « nos opérations à longue portée ont eu un très grand impact dans la région de Moscou la nuit dernière », confirmant que près de 10 types d’armes différents avaient été utilisés lors de ces opérations.