Le président sud-coréen Lee Jae-myung a proposé aux États-Unis de chercher à geler le programme nucléaire de la Corée du Nord en échange d’un allègement des sanctions qui lui sont imposées, plutôt que de maintenir l’exigence de son désarmement nucléaire, afin d’ouvrir une voie de négociation avec Pyongyang après l’échec des précédents efforts diplomatiques.
« Je pense qu’il est très important d’échanger des sanctions qui, de toute façon, ne sont pas très efficaces contre l’arrêt du développement de nouvelles armes nucléaires et de la technologie des missiles balistiques intercontinentaux
Le président sud-coréen a estimé que « chercher à obtenir le désarmement nucléaire dans les circonstances actuelles empêchera de parvenir à un accord », soulignant la nécessité d’adopter un objectif intermédiaire axé sur l’arrêt de l’expansion des capacités nord-coréennes plutôt que d’exiger le démantèlement complet de son arsenal avant toute avancée dans les négociations. Lee avait auparavant considéré que le gel des capacités nucléaires de Pyongyang à leurs niveaux actuels constituerait en soi « un gain ».
L’approche négociatrice de Lee envers Pyongyang
Cette proposition s’inscrit dans une approche adoptée depuis son arrivée au pouvoir en juin 2025, différente de la politique ferme menée par son prédécesseur, Yoon Suk Yeol, envers la Corée du Nord. Le président sud-coréen a proposé de tenir des discussions avec Pyongyang sans conditions préalables, mais les dirigeants nord-coréens n’ont répondu à aucune de ses offres.
Ses détracteurs estiment toutefois que cette approche pourrait impliquer une acceptation tacite de la Corée du Nord en tant qu’État doté de l’arme nucléaire et permettre un allègement des sanctions sans garantir qu’elle renonce finalement à son arsenal.
Les craintes d’une pérennisation du statut nucléaire
Les Nations unies imposent des sanctions à la Corée du Nord depuis des années, mais Pyongyang a consolidé son statut d’État doté de l’arme nucléaire, tandis que ses dirigeants affirment que son arsenal nucléaire est permanent et irréversible. Parallèlement, la Corée du Nord a renforcé sa coopération avec Moscou, tout en continuant de bénéficier du soutien de son allié traditionnel, Pékin.
Ce rapprochement avec la Russie, conjugué au soutien chinois, a réduit l’importance des avantages potentiels que Pyongyang pourrait obtenir en engageant des négociations diplomatiques avec le président américain Donald Trump, tandis que Séoul cherche à explorer les possibilités d’une reprise du dialogue entre Washington et la Corée du Nord. Trump avait déjà rencontré le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un à trois reprises lors de son premier mandat présidentiel.
L’échec des précédents sommets et la possibilité d’une reprise du dialogue
Toutefois, le processus diplomatique a finalement échoué, après que leur sommet à Hanoï en 2019 n’a pas permis de parvenir à un accord sur l’allègement des sanctions et les mesures que Pyongyang pourrait prendre en contrepartie en matière de désarmement nucléaire. Séoul a estimé en septembre 2026 qu’un nouveau sommet entre Trump et Kim était possible, alors que des signes laissaient apparaître l’existence d’un dialogue entre les deux parties.
Trump avait proposé de rencontrer à nouveau le dirigeant nord-coréen, mais Pyongyang est restée silencieuse face à cette proposition.