L’Iran a maintenu dimanche son attachement à une solution diplomatique pour mettre fin à son conflit avec les États-Unis et Israël et rouvrir le détroit d’Ormuz, après l’annonce par le président américain Donald Trump du rejet d’une proposition iranienne visant à mettre fin aux combats. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que l’ouverture de cette voie maritime stratégique dépendait de la satisfaction des conditions de Téhéran, affirmant que la négociation était le seul moyen de sortir de la crise.
Araghchi lie la réouverture du détroit aux conditions de Téhéran
Nos conditions sont claires, et toute démarche visant à rouvrir le détroit d’Ormuz dépend de la satisfaction de ces conditions
L’Iran avait annoncé la semaine dernière une proposition de paix en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, affirmant qu’elle avait été transmise aux États-Unis par l’intermédiaire de médiateurs qataris. Trump a déclaré samedi avoir rejeté le plan iranien, estimant que les pertes de Téhéran le poussaient à chercher un accord sur le détroit.
Il a ajouté dans des déclarations faites à des journalistes à la Maison-Blanche: « Ils veulent parvenir immédiatement à un accord pour rouvrir le détroit d’Ormuz parce qu’ils essuient de lourdes pertes ». Mais Araghchi a déclaré que les médiateurs facilitant les contacts entre Téhéran et Washington n’avaient pas officiellement transmis à l’Iran un rejet américain de la proposition, malgré les déclarations publiques de Trump. Il a ajouté: « Nous attendons des médiateurs qu’ils nous transmettent les positions définitives, et nous prendrons une décision sur cette base ».
Le Wall Street Journal a été le premier à rapporter que Trump avait rejeté la proposition iranienne, citant des responsables américains non identifiés. Le journal a indiqué que le président américain avait exprimé en privé des doutes sur la volonté de l’Iran de satisfaire à ses exigences et avait dit à ses collaborateurs qu’il jugeait probable la reprise de la campagne de bombardements après les élections américaines de mi-mandat prévues en novembre.
Pressions économiques et recul du trafic maritime à Ormuz
Auparavant, un responsable américain avait qualifié les discussions indirectes avec l’Iran de « positives et constructives ». Les États-Unis ont imposé un blocus économique à l’Iran afin de faire pression sur lui pour qu’il mette fin aux attaques iraniennes contre les navires dans le détroit d’Ormuz. Ces attaques ont entraîné une forte baisse du trafic maritime dans la région, alors que Trump répète que les États-Unis contrôlent la voie maritime.
Le chef d’état-major de l’armée iranienne, Amir Hatami, a déclaré que la guerre était entrée dans une phase critique et décisive et que Téhéran n’accepterait pas une situation dans laquelle il serait privé de commerce tandis que des puissances étrangères utiliseraient les voies maritimes stratégiques de la région.
Il a ajouté dans des déclarations rapportées par les médias officiels: « Si l’Iran ne peut pas commercer, et si l’Iran ne peut pas vivre, personne ne pourra commercer ni vivre ». L’Iran a également pris contact avec l’Arabie saoudite au sujet du détroit d’Ormuz, alors qu’un conflit qui dure depuis sept mois a perturbé les flux de pétrole par l’une des principales routes maritimes mondiales et porté atteinte à l’économie mondiale.
Un plan iranien prévoit la réouverture du détroit dans les sept jours suivant l’accord
S’exprimant vendredi 25 septembre devant des journalistes aux Nations unies, Araghchi a expliqué que l’acceptation de l’accord proposé déclencherait un compte à rebours de sept jours avant la réouverture du détroit, parallèlement à l’arrêt des combats dans la région. Il a déclaré: « Si la partie américaine est réellement disposée à parvenir à un accord et à rouvrir le détroit d’Ormuz, tout est désormais prêt ».
Le ministre iranien des Affaires étrangères a ajouté que l’accord de Washington pourrait permettre aux parties belligérantes d’entamer des discussions plus larges sur des « sujets convenus d’un commun accord ». Ces discussions pourraient porter sur le programme nucléaire iranien, qui constitue l’un des principaux points de désaccord entre Téhéran et Washington.
Trump avait fait de l’empêchement de l’Iran à se doter de l’arme nucléaire l’un des principaux objectifs annoncés au début de la guerre, avec la fin de sa capacité à attaquer ses voisins et la création des conditions permettant aux Iraniens de renverser leurs dirigeants.
En revanche, un haut responsable iranien a déclaré que Téhéran ne ferait preuve d’aucune souplesse concernant son programme nucléaire, même si les États-Unis approuvaient le plan de paix. Le responsable a ajouté que l’Iran ne ferait aucune concession sur ce qu’il considère comme ses droits, notamment l’enrichissement de l’uranium, et n’accepterait pas non plus d’expédier hors du pays ses stocks d’uranium hautement enrichi.
Le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré dans une interview à l’émission « Face the Nation » sur CBS que Téhéran était prêt à discuter de son programme nucléaire et d’autres dossiers, mais qu’il n’accepterait ni « intimidation ni coercition ».
Il a ajouté que « l’Iran ne cherche pas la guerre, mais se défendra face aux pressions, aux menaces et aux attaques », précisant que son pays avait déjà accepté qu’il « ne devait pas développer d’armes nucléaires ». La guerre a commencé le 28 février par des attaques américaines et israéliennes contre l’Iran, après l’échec de précédentes tentatives diplomatiques visant à empêcher son déclenchement ou à y mettre fin.
Depuis lors, des périodes d’arrêt des combats ont alterné avec de nouvelles vagues de frappes, faisant des milliers de morts, affaiblissant les forces conventionnelles iraniennes et aggravant les difficultés de l’économie du pays. L’Iran et ses alliés ont élargi le front à l’ensemble de la région en réponse aux attaques.
Téhéran a pris pour cibles des alliés des États-Unis dans le Golfe avec des drones et des missiles, tandis que les Houthis qui lui sont alliés au Yémen ont attaqué des intérêts saoudiens. Dans le dernier élargissement régional du conflit, le ministère de la Santé relevant des autorités houthis a indiqué que sept personnes avaient été tuées et 40 autres blessées, dont des enfants, dimanche, dans un raid visant des commerces à l’intérieur d’un marché au carrefour de Mawiyah, dans la province de Taëz, au sud-ouest du Yémen.
Plus tard, le gouvernement yéménite reconnu internationalement a déclaré que ses forces avaient visé un camp militaire houthi et des véhicules au même carrefour.