Les Pays-Bas ont annoncé lundi étudier leur réponse à la décision d’Israël de retirer le statut diplomatique de leurs représentants auprès de l’Autorité palestinienne à Ramallah, exprimant leur profond regret face à cette mesure. Le gouvernement néerlandais a affirmé que son interdiction d’importer des produits des colonies israéliennes ne visait pas Israël.
Le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Tom Berendsen, a qualifié la décision israélienne d’« inutile », précisant que son pays étudiait la manière d’y répondre. Il a déclaré que la suspension des importations de produits des colonies découlait de l’engagement des Pays-Bas à ne pas contribuer à ce qu’il a qualifié de situation illégale des colonies.
Israël fixe un délai pour la restitution des documents diplomatiques
Le ministère israélien des Affaires étrangères avait annoncé dimanche que le ministre Gideon Sa’ar avait informé l’ambassade des Pays-Bas que les diplomates néerlandais travaillant à Ramallah devaient restituer, dans un délai de sept jours, leurs documents diplomatiques délivrés par Israël. À l’expiration de ce délai, les privilèges et immunités diplomatiques qui leur sont accordés leur seront retirés.
Sa’ar a déclaré que les Pays-Bas pourraient, s’ils souhaitaient continuer à représenter leurs intérêts auprès des Palestiniens, le faire depuis le territoire de l’Autorité palestinienne. Il a ajouté qu’Israël répondrait à ce qu’il a décrit comme des mesures visant à lui nuire. Cette mesure israélienne intervient après l’entrée en vigueur, le 22 septembre, de l’interdiction néerlandaise visant les produits des colonies.
Les Pays-Bas élargissent l’interdiction visant les produits des colonies
Le gouvernement néerlandais avait annoncé cette décision en juillet dernier. Elle concerne les marchandises importées, y compris les produits se trouvant dans les bagages personnels et les souvenirs. Elle prévoit également des sanctions contre toute personne reconnue coupable d’avoir modifié les étiquettes d’origine.
En août dernier, Sa’ar avait déjà ordonné l’exclusion des diplomates néerlandais d’un centre de coordination consacré à la bande de Gaza, à Kiryat Gat, dans le sud d’Israël, justifiant cette décision par ce qu’il a décrit comme des mesures néerlandaises « hostiles à Israël ». Dans un avis consultatif rendu en juillet 2024, la Cour internationale de justice a considéré que le contrôle exercé par Israël sur les territoires palestiniens et la construction de colonies en Cisjordanie étaient illégaux.
La Cour a appelé les États à prendre des mesures pour empêcher les relations commerciales ou d’investissement qui contribuent à la perpétuation de cette situation. La mesure néerlandaise s’inscrit dans un mouvement occidental plus large visant à restreindre les échanges commerciaux avec les colonies. Le 14 septembre, 12 pays occidentaux ont annoncé leur intention d’imposer des restrictions à leur égard, parmi lesquels la France, le Royaume-Uni, le Canada, l’Espagne, l’Irlande, la Norvège et la Suède.
Plus tôt ce mois-ci, Israël avait annoncé la fermeture du consulat britannique à Jérusalem-Est, qui représente le Royaume-Uni auprès de l’Autorité palestinienne, après l’annonce par Londres de restrictions similaires sur l’importation de marchandises en provenance des colonies.