Le gouvernement du Myanmar soutenu par l’armée a annoncé dimanche la révocation de Kyaw Moe Tun de son poste de représentant permanent du pays auprès de l’ONU, l’accusant de mener des « activités illégales » et de collaborer avec le gouvernement civil parallèle. Dans un communiqué publié par les médias d’État, le gouvernement a indiqué que Kyaw Moe Tun avait été renvoyé de la fonction publique le 27 février 2021 pour non-respect des instructions.
Accusations d’utilisation des fonds de la mission et des biens de l’État
Les autorités militaires l’ont également accusé d’avoir utilisé sans autorisation des biens de l’État et les fonds de la mission. Le gouvernement a ajouté qu’il cherchait à engager des poursuites contre lui par l’intermédiaire de l’Organisation internationale de police criminelle, Interpol, du bureau central national des États-Unis, ainsi que des agences américaines et des canaux diplomatiques.
Malgré l’annonce de sa révocation, le statut de Kyaw Moe Tun en tant que représentant permanent du Myanmar auprès de l’ONU n’a pas changé, la Commission de vérification des pouvoirs de l’organisation ayant reporté sa décision sur l’entité représentant le pays. La commission devrait se réunir après l’Assemblée générale de l’ONU, qui se tiendra à New York plus tard en septembre, et pourrait examiner lors de cette réunion les différends liés à la représentation du Myanmar.
L’ancien gouvernement dirigé par Aung San Suu Kyi avait nommé Kyaw Moe Tun à ce poste avant d’être renversé par un coup d’État militaire en 2021, suivi d’une guerre civile dans le pays. Le 26 février 2021, le diplomate avait appelé devant l’ONU la communauté internationale à ne pas légitimer l’armée qui avait pris le pouvoir.
Des groupes pro-démocratie et le Gouvernement d’unité nationale, un gouvernement civil parallèle, l’ont également aidé à conserver son poste grâce à des campagnes de soutien et à des pressions internationales.