Le Premier ministre britannique Andy Burnham a déclaré mercredi que son gouvernement estimait que l’Iran avait joué un rôle dans l’incident de sécurité survenu près de la base aérienne de Fairford, en Angleterre, alors que la police antiterroriste poursuivait son enquête sur les circonstances des faits.
Le Royaume-Uni estime qu’un rôle iranien est possible
La base britannique, située dans le Gloucestershire, est utilisée par les forces américaines, ce qui a accru la sensibilité de l’affaire. S’exprimant sur la BBC, Burnham a déclaré: « Nous donnerons davantage de détails en temps voulu, mais nous pouvons confirmer que nous pensons que l’Iran a joué un rôle dans cette affaire. »
L’Associated Press a rapporté que les autorités britanniques disposaient d’« indications solides » quant à un éventuel rôle iranien, alors que l’enquête se poursuit, sans que les éléments sur lesquels reposent ces estimations aient été rendus publics.
Cinq Britanniques arrêtés près de la base
La police antiterroriste a ensuite annoncé que les perquisitions n’avaient permis de trouver ni explosifs ni engins explosifs utilisables dans les trois véhicules, mais qu’une quantité d’essence avait été découverte. Les cinq hommes ont été libérés sous caution, tout en restant sous enquête et alors que les procédures se poursuivent. Commentant leur libération, Burnham a souligné que cette décision ne signifiait ni la clôture du dossier ni la fin de l’enquête.
Il a déclaré que le public devait comprendre que le mot « libération » ne signifiait pas nécessairement ce qu’il pouvait laisser penser, précisant que les cinq hommes étaient soumis à des conditions de caution strictes pendant que les autorités poursuivaient leur travail. De son côté, le chef de la police antiterroriste britannique, Lawrence Taylor, a déclaré que les enquêteurs travaillaient sur plusieurs pistes.
L’enquête examine d’éventuels liens avec un État étranger
Ces pistes incluent la possibilité que les suspects aient agi pour le compte d’un État étranger, qu’ils en aient eu conscience ou non. La décision de les libérer a suscité une réaction américaine: le président américain Donald Trump s’est dit surpris et a déclaré qu’il ne les aurait pas libérés.
L’importance de l’incident tient également à la nature de la base de Fairford, une installation britannique utilisée par l’armée de l’air américaine. Selon l’Associated Press, des bombardiers américains avaient déjà utilisé la base dans le cadre d’opérations liées à la guerre avec l’Iran, faisant de toute éventualité d’un mobile lié à Téhéran un axe majeur de l’enquête en cours.
En revanche, l’ambassade iranienne à Londres a nié tout lien de Téhéran avec l’incident et a qualifié de « dénuées de fondement et malveillantes » les spéculations reliant l’Iran aux hommes arrêtés.
Le rôle iranien présumé reste un élément de l’enquête britannique, tandis que les autorités n’ont toujours pas rendu publics les détails des éléments les ayant conduites à estimer qu’il existait un lien entre l’incident et l’Iran.