Le retour des Syriens de Jordanie vers leur pays s’est poursuivi, mais à un rythme plus lent qu’au cours des premiers mois ayant suivi la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024. Des dizaines de milliers de personnes résident encore dans les camps de Za’atari et d’Azraq, sur fond de préoccupations liées à la situation économique et à la stabilité en Syrie.
Le porte-parole du ministère jordanien de l’Intérieur, Abdel Karim Abou Dalou, a indiqué qu’environ un million de Syriens se trouvaient en Jordanie, précisant que 231 720 personnes étaient rentrées en Syrie pour s’y installer entre le 8 décembre 2024 et le 12 septembre 2026. Selon le porte-parole du Haut-Commissariat pour les réfugiés en Jordanie, Youssef Taha, 77 054 réfugiés vivent dans les camps du royaume, soit 21 % des 366 077 réfugiés enregistrés au total.
Le nombre de réfugiés dans les camps et le ralentissement des retours
Les positions des réfugiés concernant leur départ varient entre ceux qui ont arrêté leur décision et ceux qui attendent d’y voir plus clair sur la situation en Syrie. Le réfugié syrien Mohamed al-Deiri dit aspirer à rentrer, assurant que sa décision n’est pas liée à une mauvaise expérience en Jordanie. Il ajoute: « La Jordanie nous a accueillis, souhaité la bienvenue et nous a protégés dans les moments difficiles, mais la patrie reste la patrie. »
Al-Deiri lie également sa décision à la possibilité de reprendre le travail et de subvenir aux besoins de sa famille. Ses craintes portent surtout sur la situation économique et le risque d’une reprise du conflit intérieur. Son expérience reflète les calculs de nombreux Syriens, qui mettent en balance le désir de rentrer et les conditions auxquelles ils pourraient être confrontés après leur retour.
Le départ des Syriens affecte le logement et le marché du travail
Les effets du départ de Syriens commencent à apparaître dans des secteurs liés à leur présence au cours des dernières années, notamment dans les gouvernorats d’Irbid et de Mafraq ainsi que dans la ville d’Al-Ramtha, dans le nord de la Jordanie. Certaines zones ont connu une baisse de la demande locative après la libération d’appartements occupés par des Syriens en dehors des camps. Le retour a également affecté le marché du travail dans les secteurs de la restauration, du bâtiment, de la peinture et de la pâtisserie, où les Syriens représentaient une partie de la main-d’œuvre.
L’impact économique des départs s’est surtout traduit par une baisse de la main-d’œuvre et de la demande de logements, de certains services et activités locales, plutôt que par des mouvements de capitaux. Afin de faciliter les déplacements, le ministère jordanien de l’Intérieur a autorisé en juillet 2026 les Syriens à déposer des demandes de sortie et de retour en Syrie, sans exiger de carte de sécurité ni de permis de travail, quelle que soit la manière dont le demandeur était entré en Jordanie ou son statut de réfugié enregistré.
Conditions des demandes de sortie et soutien au retour volontaire
Pour que la demande soit acceptée, son auteur doit avoir plus de 18 ans et être titulaire d’un passeport syrien en cours de validité. La demande peut être déposée en ligne, et l’approbation devrait prendre environ une semaine ouvrée. Le Haut-Commissariat a indiqué soutenir les réfugiés qui choisissent de rentrer volontairement et leur fournir des conseils et des informations sur les difficultés liées à ce retour, notamment en matière de documents.
Depuis le 1er septembre 2026, les réfugiés enregistrés en Jordanie, à l’intérieur comme à l’extérieur des camps, peuvent recevoir 70 dinars jordaniens par personne pour soutenir leur retour.
Certaines familles classées parmi les plus vulnérables reçoivent un versement supplémentaire unique de 210 dinars par famille, en plus des 70 dinars attribués à chacun de leurs membres.