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Des dizaines de milliers de personnes manifestent en France contre une loi sur l’usage des armes par la police

Des dizaines de milliers de personnes ont participé à des marches à Paris et dans d’autres villes françaises pour rejeter une proposition de loi présumant la légalité de l’usage de leurs armes par les policiers et les gendarmes. Les manifestants demandent que le texte ne soit pas inscrit à l’ordre du jour du Sénat, avertissant de ses conséquences sur les enquêtes et l’établissement des responsabilités en cas de tirs.

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Des manifestants défilent en tête d'une manifestation dans une rue de Paris, portant une grande banderole où est écrit « PERMIS DE TUER ». D'autres pancartes et drapeaux de protestation sont visibles dans la foule.
Photo : Maxime Sirvins / Politis

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté à Paris et dans plusieurs villes françaises, dimanche 20 septembre 2026, contre une proposition de loi consacrant le principe de la présomption de légalité de l’usage des armes par les policiers et les gendarmes. Cette mobilisation nationale vise à empêcher l’inscription du texte à l’ordre du jour du Sénat, après son adoption par l’Assemblée nationale.

Selon les estimations de la préfecture de police, 21 000 personnes ont participé à la marche parisienne, partie de la place de la République en direction de la place de la Nation. La mobilisation s’est également étendue à des villes comme Marseille, Lyon et Toulouse. Les préfectures ont annoncé 4 500 participants à Marseille et à Lyon, contre 3 700 à Toulouse, tandis que des estimations pour les manifestations dans l’ensemble des villes faisaient état d’environ 50 000 participants.

Des familles de personnes mortes dans des affaires liées aux violences policières ont ouvert la marche parisienne, portant des photos et des pancartes avec les noms des victimes. Elles ont également pris la parole depuis le camion placé en tête du cortège, revenant sur des affaires qui ont marqué l’histoire récente des violences policières en France.

Avant la mobilisation, Samia Khalfaoui avait expliqué que les familles avaient choisi d’ouvrir la marche parce que leurs voix devaient être entendues par leurs propres membres. Les manifestations répondaient à l’appel d’organisations de défense des droits, de syndicats et de partis de gauche, notamment Amnesty International et la Ligue des droits de l’homme, ainsi que du Syndicat de la magistrature, du collectif « Stop à la violence d’État » et du comité « Vérité pour Adama ».

Des alliances politiques et de défense des droits s’opposent à la proposition

Plus de 150 organisations, collectifs locaux et partis politiques, dont le Parti socialiste, Les Écologistes et La France insoumise, ont signé un appel intitulé « Non à la violence d’État » pour s’opposer à la proposition. L’Assemblée nationale a adopté le texte en première lecture le 7 juillet.

Le texte prévoit de présumer que les policiers et les gendarmes ont agi dans le cadre de la loi lorsqu’ils utilisent leurs armes, cette présomption pouvant être renversée par des éléments contraires. Il s’agit de présumer, après les tirs, le respect des conditions de nécessité absolue et de stricte proportionnalité prévues à l’article L. 435-1. Le gouvernement affirme que la modification n’élargit pas les situations dans lesquelles les forces de sécurité sont autorisées à ouvrir le feu.

Les partisans de la proposition estiment qu’elle empêchera les policiers et les gendarmes d’être systématiquement soupçonnés ou placés automatiquement en détention provisoire après avoir fait usage de leur arme. Ses opposants considèrent au contraire que le mécanisme inverse la charge de la preuve et pourrait rendre plus difficile l’établissement des circonstances des tirs et de leur caractère illégal, faisant peser davantage sur les victimes et leurs familles la responsabilité de réunir les éléments de preuve.

Des craintes de voir les enquêtes entravées et les responsables échapper à la justice

Des opposants de gauche avertissent que les enquêtes sur la légalité des tirs policiers pourraient être affectées ou entravées. Ils décrivent le texte comme accordant aux forces de sécurité un « permis de tuer » et augmentant le risque d’impunité. Les détracteurs de la loi ont également cité un rapport publié en juillet par la Cour des comptes, qui appelait à davantage de transparence au sein des forces de police.

730 ألف
توقيعات العريضة المعارضة

Une pétition contre la proposition avait recueilli plus de 730 000 signatures avant d’être classée en juillet, au moment où l’Assemblée nationale adoptait le mécanisme proposé. À Paris, les participants brandissaient des pancartes portant les messages « Nos vies méritent d’être vécues, pas fauchées, non au permis de tuer » et « Plus de pouvoir égale plus d’abus », tandis que des groupes dans la foule scandaient des slogans hostiles à la police.

Jean-Luc Mélenchon, dirigeant de La France insoumise et candidat à l’élection présidentielle de 2027, a participé à la marche aux côtés de Mathilde Panot et de plusieurs députés du mouvement.

Panot demande l’abandon de la loi sur le permis de tuer

Lors d’une conférence de presse, Mathilde Panot a déclaré que le mouvement cherchait à faire abandonner ce qu’elle a qualifié de loi sur le « permis de tuer ». Elle a ajouté que le texte ne devait pas être inscrit à l’ordre du jour du Sénat et averti que son application entraînerait, selon elle, davantage de morts tués par la police.

Lors de la marche parisienne, les forces de sécurité ont brièvement tiré des gaz lacrymogènes près de la fin du parcours, avant le milieu de l’après-midi. Une journaliste présente sur place a vu une personne blessée à la tête, tandis qu’un autre récit de terrain faisait état du bris d’une vitrine, attribué à des militants d’ultragauche.