La Chine a annoncé, mardi 22 septembre 2026, son opposition aux sanctions américaines imposées aux compagnies aériennes iraniennes, après que le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a déclaré que ces compagnies cesseraient de fonctionner sous la pression des sanctions à compter de mercredi. Les nouvelles mesures ciblent les services dont les avions iraniens ont besoin pour continuer à assurer leurs vols dans les aéroports internationaux.
Pékin rejette les sanctions américaines unilatérales
Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun, a déclaré mardi lors d’une conférence de presse: « La Chine réaffirme constamment son opposition aux sanctions illégales imposées unilatéralement, qui ne sont pas conformes au droit international et ne sont pas approuvées par le Conseil de sécurité de l’ONU. »
La position de Guo Jiakun répondait à une question sur la mise en garde de Bessent, selon laquelle les compagnies aériennes iraniennes rencontreraient des difficultés à opérer à l’échelle mondiale en raison des sanctions américaines, et sur le point de savoir si la Chine continuerait d’autoriser les vols iraniens. Bessent avait exposé lundi les pressions attendues sur le secteur lors d’un entretien avec la chaîne américaine CNBC.
Washington menace les services de l’aviation iranienne
Le secrétaire américain au Trésor a déclaré que les avions iraniens ne seraient pas autorisés à obtenir du carburant ou des services dans les aéroports où ils atterriraient. Il a averti les entreprises fournissant ces services qu’elles risquaient d’être exclues du système fondé sur le dollar, dans le cadre de l’élargissement des pressions économiques américaines sur Téhéran et les prestataires qui travaillent avec l’Iran.
Le département américain du Trésor avait annoncé le 8 septembre des restrictions visant 36 entités qui, selon lui, soutiennent le secteur de l’aviation civile iranienne, dont 27 compagnies aériennes. Bessent a précisé que cette mesure relevait de sanctions secondaires visant les prestataires de services aériens et a déclaré que les responsables chinois étaient « fortement impliqués » dans la campagne de pression économique contre Téhéran.
Quatre services essentiels ciblés par les restrictions
Selon un rapport de l’agence iranienne Mehr, les sanctions interdisent aux aéroports et aux entreprises fournissant des services à l’aviation iranienne dans le monde entier d’assurer quatre services essentiels aux avions iraniens: les services d’atterrissage et les services au sol dans les aéroports, la vente et l’émission de billets aux passagers, ainsi que la maintenance, les inspections techniques et la fourniture de pièces détachées.
Les sanctions interviennent dans un contexte de relations commerciales étroites entre la Chine et l’Iran. Pékin est le principal partenaire commercial de Téhéran et achète environ 90 % des exportations de pétrole iranien. Des entreprises iraniennes dépendent également de banques chinoises pour acheter des biens et des produits chinois, tandis que les fonds sont transférés vers l’Iran par l’intermédiaire d’un réseau financier complexe. La flotte aérienne iranienne avait subi des dommages avant l’imposition des nouvelles restrictions.
La ministre iranienne des Routes et du Développement urbain, Farzaneh Sadegh, avait déclaré précédemment qu’environ 100 avions avaient été endommagés, certains complètement, lors de la guerre américaine entre le 28 février et le 8 avril derniers. Les compagnies aériennes iraniennes doivent assumer des coûts de réparation non divulgués, ainsi que la hausse des prix des pièces détachées, de la maintenance et de l’assurance.
Elles font également face à des pertes dues à l’immobilisation d’avions au sol et à la réduction du nombre de vols, alors que les données iraniennes ne fournissent pas de chiffre unique concernant le coût du maintien des avions en service.