Retour à l'accueil
ActualitésYémen

Le Parlement yéménite approuve la mobilisation générale à la demande d’al-Alimi

La Chambre des représentants yéménite a approuvé la demande du président du Conseil de direction présidentiel, Rachad al-Alimi, de déclarer la mobilisation générale face à l’escalade militaire des Houthis. Celle-ci prendra effet à compter de sa proclamation et prendra fin avec la disparition des raisons qui l’ont motivée. La Chambre s’est appuyée sur des dispositions constitutionnelles et légales, appelant les forces politiques à dépasser leurs divergences et à soutenir les forces armées.

••4 min

Écouter cet article

Une version audio générée automatiquement.

0:00
0:00
Logo du Parlement yéménite, représentant un aigle doré, l’emblème de l’État et le texte arabe « République du Yémen – Chambre des représentants ».

La Chambre des représentants yéménite a approuvé, lundi 28 septembre 2026, la demande du président du Conseil de direction présidentiel et commandant suprême des forces armées, Rachad al-Alimi, de déclarer la mobilisation générale, sur fond d’escalade des développements militaires et sécuritaires. La Chambre a indiqué que cette mesure visait à faire face à l’escalade militaire des Houthis et à protéger les citoyens, ainsi qu’à défendre le régime républicain, la légitimité constitutionnelle, la souveraineté du pays et son intégrité territoriale.

Le Parlement approuve la demande de déclaration de mobilisation générale

Le Parlement a pris sa décision lors d’une réunion élargie tenue par visioconférence sous la présidence du président de la Chambre, Sultan al-Barakani, consacrée à l’examen des évolutions sur les scènes nationale et régionale. La Chambre a qualifié la situation actuelle de « d’une extrême complexité », estimant qu’elle exigeait l’unité nationale et le dépassement des divergences entre les forces politiques.

La décision approuve la demande d’al-Alimi, précisant que la mobilisation générale serait appliquée conformément aux dispositions de la Constitution et à la décision de transfert du pouvoir, ainsi qu’en vertu des lois régissant la réserve générale, le Conseil de défense nationale et la défense civile. Elle fixe la durée de la mobilisation, qui commence à la date de sa proclamation et prend fin lorsque disparaissent les raisons ayant motivé son adoption.

Al-Alimi demande la mobilisation par une allocution et un mémorandum

La décision parlementaire a été précédée d’une allocution prononcée par al-Alimi le 25 septembre, dans laquelle il a appelé à déclarer la mobilisation générale. Le 27 septembre, al-Alimi a adressé un mémorandum urgent à la Chambre des représentants, demandant son approbation de la déclaration et y joignant les justifications et les raisons qui, selon lui, rendaient cette mesure nécessaire à ce stade.

La Chambre des représentants a expliqué avoir examiné la demande à la lumière de ce qu’elle a qualifié de « graves risques » auxquels le pays est exposé en raison de la guerre menée par le mouvement houthi. Elle a lié ces risques aux menaces que la guerre fait peser sur la vie et les biens des citoyens, ainsi qu’à ses conséquences sur leur sécurité et leur stabilité.

La décision s’appuie sur des dispositions constitutionnelles et des lois

Dans sa décision, le Parlement s’est appuyé sur plusieurs dispositions constitutionnelles et légales régissant la déclaration de la mobilisation générale ainsi que les situations de guerre et d’état d’urgence. Ces références comprennent l’article 37 de la Constitution, relatif à la mobilisation générale, et l’article 119, qui concerne les pouvoirs du président de la République en matière de déclaration de l’état d’urgence et de la mobilisation.

La Chambre s’est également appuyée sur la loi portant création du Conseil de défense nationale, qui confère à ce dernier le pouvoir d’évaluer les situations de guerre, d’état d’urgence et de mobilisation totale ou partielle, et de prendre les mesures qui s’y rapportent.

Selon les dispositions citées par la Chambre des représentants, le Conseil de défense nationale est considéré, dès la déclaration de la mobilisation générale, comme réuni en permanence. Il prend en charge toutes les questions liées à la mobilisation et supervise sa mise en œuvre. La Chambre des représentants a appelé les différentes forces politiques à dépasser leurs divergences et à agir « comme un seul homme », soulignant la nécessité de se coordonner avec la coalition dirigée par l’Arabie saoudite face aux Houthis.

La Chambre a inscrit la déclaration de mobilisation dans le cadre de ce qu’elle a qualifié de bataille pour défendre « la révolution, l’unité et le régime républicain ». Elle a également salué la résilience des Yéménites et leur rassemblement autour de la légitimité constitutionnelle sous la direction d’al-Alimi.

Le Parlement a renouvelé sa condamnation des attaques houthies visant l’Arabie saoudite, estimant que le fait de prendre pour cible la sécurité, la souveraineté et l’intégrité territoriale des États constituait une « dangereuse escalade » menaçant la sécurité et la stabilité à l’échelle régionale. Il a également salué le soutien de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen et son appui aux autorités yéménites dans leurs efforts pour rétablir les institutions de l’État et mettre fin au coup de force des Houthis.