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Le Brésil élit son président dans une compétition serrée entre Lula et Flávio Bolsonaro

Quelque 159 millions de Brésiliens ont commencé à voter pour élire le président, les membres du Congrès et les gouverneurs des États, alors que le président Luiz Inácio Lula da Silva devance de peu son rival Flávio Bolsonaro. Les sondages indiquent que la course pourrait se poursuivre au second tour, prévu le 25 octobre, dans un contexte de polarisation intérieure et de tensions croissantes entre le gouvernement de Lula et Washington.

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Des électeurs font la queue dans un bureau de vote tandis qu’un agent électoral est assis près d’une table et de documents affichés.

Les Brésiliens ont commencé dimanche à voter lors d’une élection présidentielle fortement polarisée opposant le président de gauche Luiz Inácio Lula da Silva à son rival conservateur Flávio Bolsonaro. Le scrutin dépasse le simple choix du président de la première économie d’Amérique latine: il constitue un test des orientations des électeurs brésiliens et de l’ampleur du virage politique vers la droite dans les pays de la région.

159 مليون
ناخبون يشاركون في الاقتراع

Quelque 159 millions d’électeurs participent à l’élection du président, des membres du Congrès et des gouverneurs des États. Le vote intervient alors que les relations entre le gouvernement de Lula et Washington sont marquées par un conflit politique et commercial croissant, des responsables brésiliens accusant l’administration américaine de chercher à influencer les institutions et les élections du pays.

Lula, âgé de 80 ans, cherche à remporter un quatrième mandat présidentiel non consécutif. Flávio Bolsonaro, âgé de 45 ans, se présente pour la première fois à l’élection présidentielle, après être devenu l’une des principales figures de la droite brésilienne à la suite de la chute politique et judiciaire de son père, l’ancien président Jair Bolsonaro.

Les sondages prévoient un second tour

Les sondages réalisés avant le vote donnent à Lula un léger avantage au premier tour, mais l’écart enregistré ne semble pas suffisant pour trancher directement l’élection. Les sondages hypothétiques sur le second tour indiquent également une compétition extrêmement serrée entre les deux candidats, laissant le résultat final ouvert à plusieurs scénarios.

Des données récentes publiées par l’institut Datafolha et d’autres organismes montrent qu’aucun des candidats ne se rapproche du seuil de 50 % nécessaire pour l’emporter au premier tour. Selon ces indicateurs, le second tour prévu le 25 octobre semble être le scénario le plus probable, d’après Reuters.

Il y a encore quelques années, Flávio Bolsonaro n’était pas considéré comme un candidat capable de briguer sérieusement la présidence du Brésil. Sa situation politique a toutefois changé après la condamnation et l’emprisonnement de son père, lui ouvrant la voie vers une position de premier plan au sein du courant de droite et conservateur, ainsi que vers la base électorale restée fidèle à la famille Bolsonaro.

Jair Bolsonaro purge une peine de 27 ans de prison après avoir été reconnu coupable d’avoir planifié une tentative de coup d’État à la suite de sa défaite face à Lula lors de l’élection de 2022. Au cours de sa campagne, Flávio s’est appuyé sur la fidélité persistante d’une partie des électeurs conservateurs à son père et a fait de sa grâce et de sa réhabilitation politique un élément central de son discours électoral.

L’ascension de Flávio après la chute de son père

Le président américain Donald Trump est très présent en toile de fond de la course, bien qu’il n’ait pas officiellement annoncé son soutien à Flávio Bolsonaro, selon l’Agence France-Presse. Cette présence s’est renforcée après l’affrontement entre Washington et le gouvernement de Lula au sujet du procès de Jair Bolsonaro, ainsi que des différends commerciaux et politiques entre les deux pays.

L’administration Trump a imposé des droits de douane et des sanctions au Brésil, tandis que des responsables brésiliens l’ont accusée de chercher à influencer les institutions et le processus électoral. The Guardian a rapporté que des fonds américains avaient été dirigés vers des groupes et des causes opposés à la gauche, dont une subvention d’un million de dollars destinée à une campagne visant la Cour suprême brésilienne.

Ces informations ont incité le procureur général du Brésil à demander l’ouverture d’une enquête sur de possibles ingérences étrangères. Ce dossier place les relations avec les États-Unis au cœur du débat politique entourant l’élection, parallèlement à des questions intérieures plus directement liées aux préoccupations des électeurs, comme la criminalité, le coût de la vie, les dépenses publiques et la dette publique.

Le différend avec Washington s’invite dans la course

Les élections brésiliennes interviennent après les gains réalisés par des forces de droite et conservatrices dans plusieurs pays d’Amérique latine. La progression de ces forces est en partie liée aux inquiétudes des électeurs face à la criminalité, à l’immigration, à la situation économique et à la hausse du coût de la vie, ce qui confère au résultat du scrutin brésilien une importance régionale dépassant les frontières du pays.

Une victoire de Flávio Bolsonaro porterait à la tête du plus grand pays d’Amérique latine un dirigeant politiquement plus proche de Trump. À l’inverse, le maintien de Lula au pouvoir signifierait la présence de l’une des principales voix de gauche de la région et la poursuite de son opposition à plusieurs politiques de Washington envers le continent. The Guardian a décrit le scrutin comme un test pour le bloc croissant de gouvernements de droite alliés à Trump en Amérique latine.

Une élection aux conséquences régionales au-delà du Brésil

Sur le plan intérieur, Lula s’appuie sur des indicateurs économiques et sociaux, notamment le recul du chômage à des niveaux historiques, ainsi que sur son bilan en matière de réduction de la pauvreté durant ses deux précédents mandats présidentiels. Sa campagne met également en avant la baisse de la déforestation en Amazonie par rapport aux niveaux enregistrés sous Jair Bolsonaro.

Flávio Bolsonaro met pour sa part l’accent sur la sécurité, la réduction des dépenses publiques et la gestion de la dette, des sujets qui trouvent un écho auprès d’une partie des électeurs conservateurs. Ce contraste fait de l’élection un affrontement entre les priorités sociales et environnementales davantage défendues par Lula et un programme de droite plaçant la sécurité et la maîtrise des dépenses au premier plan.

La question environnementale occupe une place importante aux côtés de l’économie et de la sécurité, la poursuite du mandat de Lula ou le retour de la droite à la présidence étant considérés comme deux orientations différentes pour la politique brésilienne à l’égard de la forêt amazonienne. Sous le mandat actuel de Lula, la déforestation a fortement reculé par rapport aux dernières années de la présidence de Jair Bolsonaro.

Ce recul a contribué à renforcer l’image du Brésil à l’étranger en tant qu’acteur majeur des efforts de lutte contre le changement climatique. Le résultat de l’élection pourrait donc influer sur les politiques de protection des forêts et du climat, ainsi que sur les relations de Brasilia avec les grandes puissances économiques, selon les éléments rapportés par The Guardian sur les dimensions environnementales et internationales de la course.

Malgré la forte polarisation, tous les électeurs n’ont pas arrêté leur choix par fidélité à l’un des deux camps. La campagne a fait apparaître des signes de lassitude politique chez une partie des Brésiliens, notamment avec le retour de la famille Bolsonaro au premier plan de la compétition après des années de division consécutives à l’élection de 2022.

Dans une grande partie de la campagne, les programmes détaillés ont également cédé la place aux attaques personnelles et aux accusations réciproques. Les scandales de corruption et les inquiétudes économiques sont restés présents dans le débat public, tandis que les sondages montraient une compétition toujours ouverte, avec un léger avantage pour Lula, en l’absence d’un troisième candidat suffisamment fort pour briser la polarisation entre les deux principaux camps.

L’élection offre aux Brésiliens deux orientations politiques concurrentes: l’une, incarnée par Lula, tend à préserver une plus grande indépendance à l’égard de Washington; l’autre, représentée par Flávio Bolsonaro, semble davantage disposée à se rapprocher de l’administration Trump.

Le résultat aura des répercussions sur la place du Brésil en Amérique latine, sur ses relations avec Washington et Pékin, ainsi que sur l’équilibre de la compétition entre la droite et la gauche dans la région.