Le président français Emmanuel Macron, son homologue libanais Joseph Aoun et le roi de Jordanie Abdallah II ont tenu jeudi à Paris une réunion consacrée à la mobilisation d’un soutien international au déploiement de l’armée libanaise sur l’ensemble du territoire et à l’examen des arrangements prévus après la fin du mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban, la FINUL, à la fin de l’année en cours.
Une participation internationale à la réunion opérationnelle
Les discussions ont porté sur l’élaboration d’un plan clair et réaliste pour le déploiement des forces armées libanaises, ainsi que sur le cadre, les critères et les mécanismes de mise en œuvre de l’opération. Les participants ont également procédé à une évaluation collective des besoins de l’armée libanaise, en préparation d’un soutien international comprenant un financement, des équipements et une formation. La présidence libanaise a indiqué qu’Aoun s’était dit satisfait du déroulement des discussions lors de la réunion de Paris.
Les besoins de l’armée et ses missions sur le terrain
L’armée fait face à des difficultés liées à la faiblesse des salaires et au manque d’équipements. Les missions qui lui sont proposées comprennent le déploiement aux frontières et le désarmement du Hezbollah, parallèlement au retrait des forces israéliennes du sud du Liban. Aoun et Macron ont discuté de la situation au Liban et des évolutions sur le terrain, ainsi que des efforts visant à mettre fin aux attaques israéliennes contre les villages et les localités libanais.
Ils ont également évoqué les négociations libano-américano-israéliennes et l’« accord-cadre » conclu à cette occasion. Dans une publication sur la plateforme X, Macron a déclaré que « la souveraineté et la stabilité du Liban constituent une étape décisive vers la paix et la stabilité dans toute la région ». La réunion a porté sur l’avenir de la présence internationale dans le sud du Liban après le départ de la FINUL à partir de janvier.
Des arrangements sécuritaires après la fin de la FINUL
Aoun a remercié Macron pour l’initiative qu’il a lancée conjointement avec la Première ministre italienne Giorgia Meloni, faisant état de progrès dans la formulation de propositions au Conseil de sécurité concernant les prochains arrangements. Avant sa visite à Paris, Aoun avait appelé au déploiement temporaire d’une nouvelle force européenne ou issue d’autres pays, jusqu’à ce que l’armée libanaise soit pleinement opérationnelle, afin d’éviter un vide sécuritaire après le retrait de la FINUL.
La France et l’Italie, qui comptent parmi les principaux pays contributeurs à la force internationale, examinent l’avenir des arrangements sécuritaires dans le sud. Le président libanais a également insisté sur l’importance d’organiser une conférence pour la reconstruction du Liban, parallèlement à une conférence destinée à soutenir les forces armées libanaises. Les deux conférences avaient été reportées sine die après le déclenchement de la guerre au printemps, tandis que le ministère français des Affaires étrangères a lié la tenue de la conférence sur la reconstruction à la réunion des conditions nécessaires.
Aoun a exprimé son souhait de parvenir à un accord de sécurité avec Israël après le retrait de ses forces du sud du pays, affirmant sa détermination à désarmer le Hezbollah « sans affrontement ». Il a également appelé les pays européens et américains ainsi que les informations disponibles à soutenir l’armée libanaise afin d’élargir son déploiement dans le sud.
Lors de la visite du roi de Jordanie, un accord de coopération en matière de défense a également été signé entre la Jordanie et la France. Il a été signé pour la partie française par la ministre des Armées, Catherine Vautrin.