L’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont annoncé préparer une réunion urgente des chefs d’état-major de leurs forces armées afin d’examiner les moyens de soutenir le royaume face aux attaques des Houthis, en vertu de l’accord de défense commune de La Mecque, qui prévoit que toute attaque armée contre l’un des trois pays soit considérée comme une attaque contre les trois.
La réunion de New York ouvre la voie à celle des chefs d’état-major
Cette annonce intervient après une réunion tenue jeudi par le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, avec le vice-Premier ministre et ministre pakistanais des Affaires étrangères, Muhammad Ishaq Dar, et le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, au siège de la mission permanente de l’Arabie saoudite auprès des Nations unies à New York.
Les ministres ont examiné les préparatifs en cours pour la tenue de la réunion des chefs d’état-major, ainsi que les progrès réalisés dans la création du secrétariat général de l’accord de La Mecque, de ses comités et de ses groupes de travail, et les préparatifs nécessaires au lancement des travaux de ces structures chargées de coordonner la coopération en matière de défense entre les trois pays.
Condamnation des attaques et confirmation du droit de l’Arabie saoudite à se défendre
Les ministres ont condamné les attaques visant La Mecque ainsi que des installations civiles et économiques en Arabie saoudite, et salué la vigilance des forces armées saoudiennes et leur capacité à protéger la sécurité du royaume. Ils ont également confirmé le droit de Riyad à prendre les mesures qu’il juge appropriées pour défendre sa sécurité, conformément à l’article 51 de la Charte des Nations unies. Cette initiative tripartite intervient après une intensification des attaques des Houthis contre l’Arabie saoudite.
Les Houthis ont déclaré avoir lancé jeudi des dizaines de missiles et de drones en direction de cibles situées dans le royaume, tandis que les autorités saoudiennes ont affirmé avoir intercepté six missiles balistiques tirés par les combattants du mouvement. Les autorités saoudiennes ont émis des alertes d’urgence concernant notamment La Mecque, Djeddah et Yanbu, qui abrite le principal port pétrolier saoudien sur la mer Rouge.
Riyad avait annoncé le 19 septembre avoir intercepté un missile balistique lancé par les Houthis en direction de la capitale, sans faire état de victimes ni de dégâts. L’Arabie saoudite a également déclaré que les Houthis avaient tenté de viser des infrastructures civiles à Yanbu, Taïf, Bech et Farasan, tandis que le mouvement a affirmé avoir ciblé des sites qualifiés de sensibles à Riyad et des installations d’Aramco à Yanbu.
L’accord de La Mecque et les objectifs de la coopération en matière de défense
Le mouvement n’a fourni aucune preuve étayant ces affirmations. L’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan avaient signé l’accord de défense commune de La Mecque le 7 août 2026, lors d’un sommet accueilli par La Mecque avec la participation du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, du président turc Recep Tayyip Erdoğan et du Premier ministre pakistanais Muhammad Shehbaz Sharif.
L’accord vise à renforcer la dissuasion commune contre toute agression et à développer les différents aspects de la coopération en matière de défense entre les trois pays. Il prévoit que toute attaque armée visant l’un des pays signataires soit considérée comme une attaque contre les trois pays réunis. Les ministres des Affaires étrangères ont également discuté de l’évolution de la situation régionale, soulignant l’importance du respect du droit international et de la souveraineté des États, ainsi que de la non-ingérence dans leurs affaires intérieures, tout en garantissant la sécurité et la liberté de la navigation maritime.
Ils ont renouvelé leur engagement à poursuivre leurs efforts en faveur de la désescalade et à soutenir les solutions pacifiques aux crises en cours dans la région.