Plus de 16,5 millions d’élèves iraniens ont repris les cours mercredi, au début d’une année scolaire marquée par les conséquences de la guerre et les pressions économiques, en plus de la préparation aux examens. La réouverture officielle des écoles avait été précédée lundi par la sonnerie de rentrée donnée par le président iranien Massoud Pezeshkian, lors d’une cérémonie organisée à Téhéran.
Les craintes liées à la guerre suivent les élèves jusque dans les écoles
Durant les premiers jours, les conversations de certains élèves du primaire ne se sont pas limitées aux nouveaux livres ou aux retrouvailles avec leurs camarades après les vacances. Un enseignant du primaire a déclaré que la peur était présente parmi ses élèves et que leurs discussions portaient principalement sur ce qui s’était passé à l’école Chajareh-ye Tayyebeh, dans la ville de Minab, dans le sud de l’Iran, le 28 février dernier.
L’enseignant a expliqué que les élèves avaient davantage évoqué les détails de la frappe qui avait touché l’école primaire pendant les heures de cours que le début de l’année scolaire. Le Fonds des Nations unies pour l’enfance, l’Unicef, avait annoncé que la frappe avait fait 168 mortes parmi les écolières, transformant l’école de Minab en l’un des principaux symboles de la guerre et de ses conséquences douloureuses en Iran.
Alors que les écoles tentent de retrouver leur fonctionnement quotidien habituel, les questions de sécurité et de peur ont resurgi dans les conversations de certains enfants, y compris ceux qui n’avaient pas vécu directement les événements de Minab. Ces échanges montrent que l’événement reste présent dans l’imaginaire des élèves au moment où ils retournent en classe et reprennent les cours en présentiel.
Les lycéens face à l’incertitude de l’examen d’admission
Au secondaire, l’inquiétude se manifeste différemment chez les élèves qui se préparent à l’examen d’admission à l’université, connu localement sous le nom de « Konkur ». Des élèves qui se préparent à l’examen ont déclaré se sentir anxieux et ignorer ce qui les attend durant une année où leur avenir scolaire et personnel leur paraît entouré d’incertitudes.
L’examen d’admission à l’université constitue une étape décisive pour déterminer la filière et l’établissement, ainsi que les perspectives d’emploi qui en découlent, ce qui impose aux lycéens un niveau élevé de concentration et de préparation. Selon les témoignages d’élèves, les craintes liées à la guerre et l’incertitude, auxquelles s’ajoutent les pressions de la vie quotidienne, compliquent la préparation à l’examen.
La psychologue Mounira Naji a déclaré que l’incertitude quant à l’avenir et les pressions vécues par les parents pouvaient affecter la motivation des élèves et leur capacité à se concentrer. Elle a indiqué que cet effet était particulièrement visible chez les adolescents qui se préparent à des examens décisifs comme celui d’admission à l’université. Parallèlement à la rentrée scolaire, les familles font face à une importante vague de hausse des prix.
L’inflation fait grimper le coût des fournitures et des uniformes scolaires
Selon les données du Centre iranien de la statistique, l’inflation annuelle dans le pays a atteint 69,9 % en août dernier, tandis que les prix ont augmenté de 89 % par rapport au même mois de l’année précédente, alourdissant les coûts de la rentrée scolaire. Le père de deux enfants scolarisés en primaire a déclaré avoir dépensé environ 12 millions de tomans pour les fournitures et les uniformes scolaires, hors frais de scolarité.
Bien que les dépenses d’une seule famille ne constituent pas une mesure générale du coût de la scolarité, elles illustrent les charges assumées par certaines familles iraniennes au début de la nouvelle année. Le ministère de l’Éducation a annoncé des plans correspondant à trois scénarios — présence complète, enseignement hybride et enseignement à distance — mais a commencé l’année scolaire en rouvrant les écoles en présentiel.
Avant la rentrée, le ministère avait également reconnu que le niveau de couverture des besoins des écoles en conseillers restait inférieur au nécessaire, alors que les élèves et les familles vivent de manière variable les pressions psychologiques et matérielles.