Les cargaisons de céréales ukrainiennes ont recommencé à arriver par train au terminal céréalier du port roumain de Constanța environ 3 semaines avant le tournage du reportage, après avoir cessé d’emprunter cet itinéraire depuis 2023, selon le directeur du terminal, Dan Dolgan. Celui-ci a expliqué ce retour des trains par l’impossibilité pour l’Ukraine d’utiliser ses ports maritimes.
Les attaques russes, qui ont paralysé certains ports ukrainiens et en ont menacé d’autres, ont redirigé davantage de céréales vers la Roumanie, accentuant la pression sur le port de Constanța, le réseau ferroviaire et le Danube. Les risques liés à la navigation et l’allongement des itinéraires ont renchéri l’acheminement des céréales jusqu’aux importateurs, alors que le blé ukrainien, moins cher, concurrence la production roumaine.
Pression sur le port de Constanța
Le terminal céréalier du port de Constanța reçoit des cargaisons de Roumanie, d’Ukraine et de pays voisins. Les documents y sont contrôlés, des échantillons sont prélevés et la conformité des céréales aux normes est vérifiée avant leur stockage et leur chargement sur les navires. Ces opérations ne résolvent toutefois pas les limites de la capacité d’accueil du port face à l’afflux supplémentaire de céréales ukrainiennes.
Viorel Panait, directeur général de la société exploitant le terminal céréalier, a déclaré que la Roumanie pouvait absorber une partie des exportations ukrainiennes, mais que le port de Constanța avait été conçu pour desservir l’espace économique roumain, et non la Roumanie et l’Ukraine à la fois. L’écart entre le volume des cargaisons et les capacités des infrastructures disponibles a remis le rail au premier plan des itinéraires d’exportation alternatifs.
La baisse du niveau du Danube réduit les solutions de repli
Le transport sur le Danube est lui aussi limité par la baisse du niveau de l’eau. Dans certaines portions du fleuve, la faible profondeur a rendu la navigation impossible, même pour les petites embarcations, tandis que des bateaux restaient bloqués sur des berges boueuses dans l’attente du retour des pluies.
Alex, capitaine d’un bateau naviguant sur le Danube, a déclaré avoir cessé son activité depuis 2 mois en raison de la faible profondeur de l’eau. Il a ajouté qu’à cette période de l’année, la profondeur à l’endroit où il se trouve devrait approcher 4 mètres, mais qu’elle ne dépassait actuellement pas entre 40 et 60 centimètres.
Concurrence sur les prix et hausse des coûts de transport
Les agriculteurs roumains subissent une pression sur les prix de leurs récoltes en raison de la concurrence du blé ukrainien, moins cher. L’agriculteur roumain Vanel Petanța a déclaré que les risques liés au déplacement des navires chargés de céréales s’ajoutaient aux coûts de transport, tandis que les négociants préféraient acheter du blé ukrainien moins cher plutôt que du blé roumain plus coûteux.
Les coûts se répercutent d’un maillon à l’autre de la chaîne d’approvisionnement à mesure que la capacité de l’un des itinéraires alternatifs se réduit. La paralysie des ports ukrainiens accroît la dépendance au port de Constanța, au rail et au Danube, tandis que la capacité limitée du port et la baisse du niveau du fleuve allongent le trajet et renchérissent le transport des céréales vers les marchés.