L’examen mené par l’alliance Opep+ pour contribuer à fixer les quotas de production pétrolière de ses membres pour 2027 a été reporté après que la guerre menée par les États-Unis et les forces israéliennes contre l’Iran a perturbé des projets d’augmentation des capacités de production au Moyen-Orient, ont indiqué deux sources au fait du dossier. L’une d’elles s’attend à ce que l’examen soit achevé d’ici à la mi-novembre prochain.
Évaluation des capacités et quotas pour 2027
L’alliance Opep+, qui regroupe les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et des alliés extérieurs, notamment la Russie, avait ordonné un examen des capacités de production de tous ses membres ainsi que la fixation des quotas pour 2027, le processus devant être achevé d’ici à fin septembre 2026. Mais les deux sources ont déclaré que cette échéance était déjà dépassée.
Lors de sa précédente réunion, en juin dernier, l’Opep a souligné « l’importance d’achever l’évaluation de la capacité maximale de production durable de tous les pays membres afin de l’utiliser comme référence pour les niveaux de production de base en 2027 ».
Selon des sources s’étant exprimées fin 2025, le cabinet américain de conseil DeGolyer and MacNaughton travaille sur des estimations des capacités de production des membres de l’Opep+, à l’exception de la Russie, de l’Iran et du Venezuela, les trois pays étant soumis à des sanctions américaines.
L’une des sources a déclaré que DeGolyer and MacNaughton ne remettrait pas son rapport à l’Opep avant la mi-novembre, une échéance qui permettra à l’alliance de tenir compte des résultats de l’examen avant sa prochaine réunion, prévue à la fin du mois prochain.
Le retard des projets d’expansion complique l’évaluation
La guerre au Moyen-Orient a retardé des projets qui devaient accroître les capacités de production de certains membres de l’Opep+, compliquant l’estimation des volumes de pétrole que ces pays pourraient produire à l’avenir. Les deux sources ont déclaré que certains pays n’avaient pas fourni les données requises pour l’examen, sans les identifier.
L’examen vise à fournir une évaluation indépendante et actualisée des volumes que chaque membre peut produire de manière durable, un critère essentiel dans les négociations sur les objectifs de production. Le retard des projets d’augmentation des capacités pourrait influer sur les hypothèses utilisées dans les évaluations ainsi que sur les futurs quotas des pays membres.
Les pays dont l’examen ferait apparaître une baisse de la capacité de production pourraient subir des pressions pour réduire leurs quotas, tandis que ceux ayant accru leurs capacités pourraient réclamer des quotas plus élevés. Des sources avaient indiqué en juin que l’Irak cherchait à obtenir un quota plus important et avait envisagé l’idée de se retirer de l’Opep.
Cours du pétrole et production du Koweït
Les cours du pétrole ont bondi de plus de 4 dollars le baril jeudi après la publication d’un rapport selon lequel les États-Unis enverraient davantage de forces et un autre porte-avions au Moyen-Orient. Cette annonce est intervenue parallèlement à la suspension par la Chine de ses exportations de produits pétroliers, alimentant les craintes d’une aggravation de la pénurie mondiale de carburant.
Le contrat de Brent à livraison décembre s’est établi à 102,31 dollars le baril à la clôture de jeudi, en hausse de 4,28 dollars. Le West Texas Intermediate américain a gagné 2,45 dollars, à 92,87 dollars le baril.
Dans ce contexte, une source au fait du dossier a déclaré vendredi que la production de brut du Koweït avait diminué d’environ 200 000 barils par jour en septembre dernier par rapport au mois précédent, pour s’établir à une moyenne de 1,77 million de barils par jour. Les exportations ont été affectées par la multiplication des attaques dans le Golfe et la pénurie de navires.
La production du Koweït s’était établie à environ 2,5 millions de barils par jour en février dernier, avant le déclenchement de la guerre. Le recul enregistré en septembre est intervenu malgré des signes d’une reprise plus large des expéditions de pétrole du Golfe après les perturbations provoquées par la guerre contre l’Iran.
Les exportations de certains producteurs, dont l’Arabie saoudite, se sont redressées, mais la reprise n’a pas été uniforme. La pénurie de navires, l’augmentation des risques liés au transport maritime et la poursuite des attaques iraniennes dans le Golfe continuent de limiter les flux de pétrole de certains pays.
La baisse de la production du Koweït en septembre s’est accompagnée d’un recul de ses exportations. Des données préliminaires de la société de suivi maritime Kpler montrent que les exportations de brut et de condensats de pétrole se sont établies en moyenne à environ 740 000 barils par jour en septembre, contre 1,2 million de barils par jour en août.