Les cours du pétrole ont bondi de près de 6 % lors des échanges de jeudi, les deux bruts de référence dépassant 100 dollars le baril, alors que les attaques contre des navires et des infrastructures énergétiques s’intensifient au Moyen-Orient et que les craintes de nouvelles perturbations des approvisionnements augmentent sur un marché déjà confronté à une pénurie.
Les cours des bruts atteignent leur plus haut niveau en près de 4 mois
Au moment de la rédaction, les contrats à terme sur le Brent s’établissaient à environ 107.05 dollars le baril, en hausse de 5.8 %, tandis que le West Texas Intermediate américain progressait dans des proportions presque identiques, à 101.58 dollars, après avoir franchi la barre des 100 dollars pour la première fois depuis mai.
Le Brent avait clôturé mercredi à 101.21 dollars le baril, tandis que le brut américain s’était établi à 96.05 dollars, avant que les gains des deux bruts ne s’accélèrent jeudi et ne les portent à leur plus haut niveau en près de 4 mois.
Les cours du Brent ont augmenté de plus de 30 % par rapport à leur plus bas niveau atteint au début du mois d’août, alors que les efforts visant à conclure un accord permanent pour mettre fin à la guerre entre les États-Unis et l’Iran piétinent et que les attaques contre les navires ont repris près du détroit d’Ormuz.
Les risques s’étendent à la mer Rouge et aux infrastructures énergétiques
Les inquiétudes se sont accrues après que les Houthis, alliés de l’Iran, ont pris le contrôle de la ville côtière yéménite de Mokha, créant une nouvelle menace pour la navigation en mer Rouge et dans le détroit de Bab el-Mandeb, alors que le trafic des pétroliers dans le détroit d’Ormuz était resté limité sur fond d’intensification des attaques ces derniers jours.
Simon Peter Masabni, directeur du développement commercial de XS.com, a déclaré que les attaques des Houthis contre des infrastructures énergétiques saoudiennes avaient ajouté une nouvelle source de risques, la possibilité d’une perturbation ne se limitant plus à Ormuz, mais s’étendant aux voies d’exportation, aux sites de production pétrolière et aux infrastructures énergétiques.
Cette escalade est intervenue après que le président américain Donald Trump a averti que le site iranien de « Peakaks Mountain », situé près de l’installation nucléaire de Natanz, pourrait être pris pour cible. Il a ajouté que la guerre pourrait se poursuivre au-delà des élections de mi-mandat du Congrès, prévues en novembre.
L’Iran a déclaré mercredi avoir attaqué 10 navires près du détroit d’Ormuz, après que les États-Unis eurent pris pour cible 5 pétroliers iraniens. Les Gardiens de la révolution iraniens ont menacé d’intensifier leur riposte en cas de nouvelles attaques américaines, accentuant les inquiétudes concernant la sécurité des approvisionnements de la région.
Reprise des achats chinois et abaissement des prévisions de demande
S&P Global Energy estime que la diminution des chances de parvenir à une solution décisive à la crise pousse les marchés du brut à se préparer à ce qu’elle décrit comme une « nouvelle normalité prolongée », dans laquelle les risques de perturbation des approvisionnements seraient permanents plutôt qu’épisodiques.
Les analystes d’ING ont indiqué que la Chine, premier importateur mondial de brut, avait intensifié ses achats ces dernières semaines après plusieurs mois de faiblesse de la demande, soutenant ainsi le marché physique. Ils ont ajouté que la poursuite de la reprise chinoise amplifierait l’effet de toute pénurie d’approvisionnement, tandis qu’un recul des importations pourrait limiter la hausse des cours.
Dans le même temps, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a abaissé pour la cinquième fois consécutive ses prévisions de croissance de la demande mondiale en 2026, à 380 000 barils par jour, portant la consommation attendue à 105.84 millions de barils par jour.