Le ministre d’État qatari chargé de l’Énergie, Saad ben Charida Al Kaabi, a déclaré que la production de gaz naturel liquéfié de son pays avait commencé à se redresser progressivement, mais qu’elle restait inférieure à ses niveaux habituels. Il prévoit un retour aux niveaux normaux de production dans quelques semaines, dans le contexte des répercussions de la crise liée au détroit d’Ormuz.
S’exprimant lors du Qatar Economic Forum, organisé avec Bloomberg à New York, Al Kaabi a précisé que le Qatar produisait actuellement des quantités suffisantes pour ses besoins en électricité et pour certaines industries pétrochimiques, tout en poursuivant ses exportations à des niveaux nettement inférieurs à la normale.
Force majeure et engagements d’exportation
Al Kaabi a déclaré que les circonstances actuelles avaient contraint le Qatar à invoquer la force majeure concernant certains engagements d’exportation. Il a assuré que son pays gérait ses contrats en tenant compte des circonstances exceptionnelles et veillait à honorer ses engagements envers ses clients lorsque les conditions le permettaient.
Il a souligné que la réouverture du détroit d’Ormuz constituait un facteur important pour la circulation des équipements et des approvisionnements liés aux projets énergétiques, avertissant que le maintien des restrictions à la navigation pourrait retarder certains projets.
Pressions sur les prix et les stocks
Al Kaabi a averti que la poursuite de la fermeture du détroit d’Ormuz pourrait accentuer les pressions sur les marchés de l’énergie, dans un contexte de hausse des prix du gaz, des carburants et de nombreuses matières premières. Il a indiqué que les prix du gaz en Europe avaient atteint des niveaux élevés, tandis qu’une partie des stocks avait été consommée durant l’été en raison de la hausse des températures et de l’utilisation accrue des climatiseurs.
Il a ajouté que l’arrivée de l’hiver, conjuguée au maintien des pressions sur l’approvisionnement, pourrait entraîner un épuisement des stocks en Europe et en Asie, ce qui pourrait à nouveau se répercuter sur les prix.
Al Kaabi a affirmé que le Qatar était parvenu, pendant près de 30 ans, à répondre sans retard aux besoins de ses clients dans le monde entier. Il a expliqué que les circonstances actuelles échappaient parfois au contrôle des producteurs et que Doha visait un retour aux niveaux habituels de production et d’exportation, alors que la demande mondiale de gaz naturel liquéfié continuait de progresser.
Poursuite des projets d’expansion et d’investissement
Al Kaabi a déclaré que le Qatar poursuivait l’expansion de ses investissements dans des projets menés dans plusieurs pays, notamment la Namibie, Chypre, l’Angola, le Brésil et l’Argentine, ainsi que dans le cadre de partenariats avec des entreprises énergétiques internationales. Il a ajouté qu’un nouveau projet démarrerait dans quelques semaines, tandis que le début de la production de gaz est prévu l’an prochain et l’année suivante.
Il a indiqué que les travaux de forage se poursuivaient sur la ligne orientale, avec un début des exportations prévu à partir de l’an prochain. Il a précisé que les projets avançaient conformément aux plans établis, même si l’acheminement de certains équipements pourrait être affecté par la situation de la navigation dans le détroit d’Ormuz.
Al Kaabi prévoit une hausse d’environ 27 % des besoins du marché d’ici 2030, malgré la concurrence croissante de la production américaine. Il a également confirmé que le Qatar restait intéressé par des investissements dans différents marchés de l’énergie, notamment au Venezuela, précisant que des discussions étaient en cours avec des partenaires au sujet d’investissements potentiels dans ce pays.