Le commissaire européen à l’Énergie, Dan Jørgensen, a mis en garde vendredi contre une crise des prix de l’énergie liée aux perturbations de l’approvisionnement provoquées par la guerre en Iran, appelant les États membres à envisager des mesures pour limiter la consommation de gaz et d’électricité et soutenir le remplissage des stocks en prévision de l’hiver.
Dans une lettre adressée aux ministres de l’Énergie, M. Jørgensen a déclaré que l’Union européenne était mieux préparée qu’elle ne l’était durant l’hiver 2021, lorsque la Russie avait réduit ses livraisons de gaz à l’Europe. Il a toutefois insisté sur la nécessité pour les gouvernements d’intensifier leurs préparatifs pour les prochains mois.
Nous sommes confrontés à une crise des prix liée à une crise de l’approvisionnement
Appel à contenir la demande et à soutenir les stocks
Le commissaire a exhorté les ministres de l’Énergie à examiner des mesures permettant de maintenir l’injection de gaz dans les stocks ou de réduire la demande de gaz et d’électricité aussi longtemps que nécessaire. La lettre invite les gouvernements à étudier ces mesures ou à les poursuivre, mais ne constitue pas l’annonce d’une nouvelle réduction obligatoire de la consommation.
La Commission européenne avait annoncé le 3 septembre qu’il n’y avait pas de risque immédiat pour l’approvisionnement en gaz, malgré des niveaux de stockage inférieurs à ceux des années précédentes. Elle a attribué l’amélioration de la capacité de l’Union à faire face aux perturbations à la diversification de ses sources, à l’augmentation de ses capacités d’importation de gaz naturel liquéfié et au recul de la demande de gaz, tandis que les prix restent volatils en raison de la situation au Moyen-Orient.
Objectif de stockage à 90%
Les règles de l’Union européenne imposent aux pays concernés d’atteindre un niveau de stockage équivalant à 90% de la capacité de leurs installations, avec une certaine flexibilité permettant d’atteindre cet objectif à tout moment entre le 1er octobre et le 1er décembre. Ces règles prévoient une marge de flexibilité supplémentaire si les pays rencontrent des difficultés à remplir leurs stocks, afin d’éviter d’accentuer la pression sur les prix.
Une dépendance accrue au gaz naturel liquéfié
La Commission a expliqué que la dépendance croissante de l’Europe au gaz naturel liquéfié rendait ses prix davantage exposés aux perturbations du marché mondial, malgré le niveau limité de ses importations directes en provenance du Golfe. La part du gaz naturel liquéfié dans les importations de l’Union est passée de 20% en 2021 à 45% en 2025, tandis que la part du gaz russe a reculé de 45% à 12% sur la même période.