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Santé

La carence en fer peut précéder l’anémie chez les femmes

Les réserves de fer peuvent diminuer chez les femmes alors que l’hémoglobine reste dans les limites normales, ce qui rend le dosage de la ferritine important en cas de fatigue, de difficultés de concentration ou de chute de cheveux. La carence est notamment liée aux règles abondantes, à la grossesse, à l’accouchement et à une mauvaise absorption. Son traitement repose sur une supplémentation en fer, la prise en charge de la cause de la perte et le suivi de la réponse au moyen d’examens adaptés.

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Une femme qui semble fatiguée pose la tête sur sa main, assise à une table dans une cuisine, et tient une tasse de l’autre main. L’image est utilisée dans le contexte de la carence en fer et de l’anémie chez les femmes.

Une femme peut présenter une nette carence en réserves de fer sans que la numération formule sanguine classique ne montre d’anémie, car l’hémoglobine peut rester dans les limites normales au début de l’épuisement du fer. Cette phase peut s’accompagner de symptômes tels que la fatigue, des difficultés de concentration, la chute des cheveux et une diminution de la capacité à fournir un effort. Le dosage de la ferritine est donc important en cas de suspicion de carence, et il ne faut pas se limiter à mesurer l’hémoglobine.

Une revue publiée par la Revue médicale canadienne en 2025 indique que la carence en fer, qu’elle soit ou non associée à une anémie, est plus fréquente chez les femmes. La revue considère la numération formule sanguine complète et le dosage de la ferritine comme des examens initiaux importants en cas de suspicion de carence en fer.

Les causes de l’épuisement des réserves de fer chez les femmes

La ferritine est une protéine intracellulaire qui stocke le fer et le libère lorsque l’organisme en a besoin. Son taux est donc utilisé pour évaluer les réserves. Les pertes de sang liées aux règles, en particulier lorsqu’elles sont abondantes, figurent parmi les principales causes d’épuisement des réserves de fer chez les femmes. Les besoins de l’organisme augmentent également pendant la grossesse et après l’accouchement, tandis que les pertes de sang liées à l’accouchement peuvent réduire davantage les réserves.

Une alimentation pauvre en fer ou une incapacité du système digestif à l’absorber efficacement peuvent aggraver le problème. Nihad Ahmed, professeure de parasitologie médicale à la faculté de médecine de l’université d’Assiout, indique que les pertes de sang pendant les règles, notamment en cas de règles abondantes, constituent l’une des principales causes de carence en fer chez les femmes.

Elle explique que la grossesse et l’allaitement augmentent les besoins de l’organisme. Pendant la grossesse, il faut couvrir à la fois les besoins de la mère et ceux du fœtus, tandis que l’accouchement et les pertes de sang qui l’accompagnent peuvent épuiser davantage les réserves.

Les causes ne se limitent pas aux pertes de sang ou à l’augmentation des besoins. Nihad précise qu’une mauvaise absorption peut être liée à la maladie cœliaque et à certaines maladies digestives, et survenir également après une chirurgie bariatrique, notamment une sleeve gastrectomie ou un bypass gastrique. Les régimes pauvres en fer figurent aussi parmi les causes, en particulier lorsque la consommation de sources animales contenant du fer héminique diminue, cette forme étant absorbée plus efficacement par l’organisme.

Les règles abondantes compliquent le traitement de la carence en fer

La revue de la Revue médicale canadienne confirme que la prise en charge des règles abondantes constitue un élément essentiel du traitement de la carence en fer chez les femmes. Administrer du fer de manière continue sans réduire la source des pertes peut ne pas résoudre durablement le problème. La carence peut se maintenir ou réapparaître après une amélioration temporaire des indicateurs sanguins et des réserves.

Nihad explique que la ferritine peut diminuer alors que l’hémoglobine reste dans les limites normales, car l’organisme commence par utiliser ses réserves de fer afin de préserver la production de globules rouges et d’hémoglobine. Cette situation est appelée carence en fer sans anémie. Elle peut ne pas être diagnostiquée si l’évaluation se limite à la numération formule sanguine sans inclure les examens des réserves de fer.

À ce stade précoce, des symptômes ayant un effet direct sur l’activité quotidienne peuvent apparaître, notamment la fatigue, une diminution de la capacité de concentration, la chute des cheveux et une moindre aptitude à l’effort. L’absence d’anémie dans l’analyse classique ne signifie pas nécessairement que les réserves de fer sont suffisantes, car la carence peut précéder la baisse de l’hémoglobine et l’apparition manifeste de l’anémie.

L’interprétation du résultat de la ferritine doit toutefois tenir compte de l’état de santé général. Selon l’Organisation mondiale de la santé, la ferritine peut augmenter en cas d’inflammation ou d’infection malgré une carence réelle en fer. Le résultat ne doit donc pas être interprété isolément, sans tenir compte des autres examens, des indicateurs et de l’état clinique évalué par le médecin.

Les symptômes de la carence peuvent précéder l’anémie

Selon Nihad, les comprimés de fer constituent le traitement de première intention dans de nombreux cas de carence légère ou modérée. Leur choix nécessite toutefois de vérifier la capacité du système digestif à absorber le fer, ainsi que la capacité de la patiente à tolérer le traitement, à le poursuivre et à respecter son mode d’utilisation.

Le médecin détermine le produit, la dose et les modalités de prise en fonction de l’état de chaque patiente et de sa tolérance. Des effets indésirables digestifs, notamment la constipation, les nausées et les troubles gastriques, peuvent empêcher certains patients de poursuivre le traitement oral.

Nihad indique que ces symptômes peuvent pousser certains patients à interrompre le traitement. Le choix des produits de fer, de leurs doses et de leurs modalités d’utilisation doit donc tenir compte de la tolérance individuelle, plutôt que d’appliquer une méthode unique à tous les cas. Le fer intraveineux peut être une option adaptée lorsque le patient ne tolère pas le traitement oral, lorsque l’absorption du fer est faible ou lorsqu’une réponse suffisante n’est pas obtenue après la prise de comprimés.

Il peut également être utilisé dans certains cas nécessitant une reconstitution plus rapide des réserves de fer, après évaluation médicale. L’Association américaine de gastroentérologie recommande le fer intraveineux lorsque le fer oral n’est pas toléré, lorsque les réserves de fer ne s’améliorent pas après un essai thérapeutique approprié ou lorsqu’une affection rend peu probable son absorption par le système digestif.

Nihad déconseille l’administration de fer intraveineux sans supervision médicale ou en dehors d’un lieu équipé pour prendre en charge d’éventuelles réactions allergiques. Selon la revue de la Revue médicale canadienne, les réactions graves associées au fer intraveineux sont rares, tout comme les véritables réactions anaphylactiques après son administration.

La plupart des réactions aiguës pouvant accompagner la perfusion sont moins graves, mais cela ne dispense pas d’une supervision médicale ni d’une préparation à leur prise en charge. L’augmentation de la ferritine ou de l’hémoglobine après le traitement ne signifie pas que la cause du problème a disparu.

Traiter la cause de la perte empêche la réapparition de la carence

Nihad explique que le taux de fer peut de nouveau baisser si le facteur à l’origine de sa perte persiste, notamment en cas de saignement continu dû à des règles abondantes ou à certains problèmes utérins, d’arrêt du traitement avant la reconstitution des réserves ou de problème encore non diagnostiqué affectant l’absorption du fer. L’Association américaine de gastroentérologie souligne que le traitement de la carence en fer ne doit pas se limiter à remplacer l’élément perdu, mais doit aussi comprendre la recherche de la cause sous-jacente et son traitement lorsque cela est possible.

Cette démarche revêt une importance particulière en cas de saignement chronique, de maladie cœliaque, de maladies inflammatoires de l’intestin et après certaines chirurgies bariatriques susceptibles d’affecter l’absorption. Selon Nihad, la réponse au traitement est suivie au moyen de l’hémoglobine, de la ferritine et des autres indicateurs du fer. Le moment où les analyses sont répétées varie toutefois selon la gravité de la carence, le type de traitement utilisé et l’état de santé de la patiente.

3 إلى 6 أشهر
مدة استعادة مخزون الحديد

La revue de la Revue médicale canadienne indique que, chez les patients dont l’hémoglobine dépasse 100 grammes par litre, la numération formule sanguine et la ferritine peuvent être contrôlées de nouveau après environ 2 à 3 mois. Les cas présentant une hémoglobine plus basse peuvent nécessiter un suivi plus rapproché. La reconstitution des réserves de fer au moyen d’un traitement oral peut prendre environ 3 à 6 mois.

Après l’administration de fer intraveineux, la ferritine ne doit pas être mesurée au cours des 4 premières semaines, car son taux peut sembler temporairement élevé et produire un résultat trompeur. Nihad souligne que le succès du traitement ne se mesure pas à l’augmentation d’un seul chiffre, mais à l’amélioration de l’hémoglobine, à la reconstitution des réserves et à la diminution des symptômes, parallèlement au traitement de la cause initiale de la carence.


Concernant la préparation aux examens, Ahmed Abdel-Laah Tawfiq, directeur d’un laboratoire d’analyses médicales en Égypte, conseille de suivre les instructions du médecin et du laboratoire avant les analyses du fer. Il invite également la patiente à informer le laboratoire de tous les compléments et médicaments qu’elle prend, notamment ceux contenant du fer, car ils peuvent influencer certaines mesures.

Tawfiq précise que l’évaluation peut comprendre une numération formule sanguine, le dosage de l’hémoglobine et de la ferritine, ainsi que, si nécessaire, le dosage du fer sanguin, de la capacité totale de fixation du fer et de la saturation de la transferrine. Il insiste sur le fait qu’il ne faut pas se fonder sur un seul résultat indépendamment des autres examens, car l’analyse conjointe des indicateurs permet d’obtenir une image plus précise de l’état du fer dans l’organisme.

La préparation varie selon le type d’analyse demandé. Le dosage de la ferritine seul n’est pas fortement influencé par une prise alimentaire récente, tandis que les mesures du fer sanguin peuvent être affectées par l’heure du prélèvement, l’alimentation et les compléments.

Les laboratoires recommandent de prélever les échantillons destinés aux analyses du fer le matin, de préférence après 8 heures de jeûne, et d’éviter les compléments contenant du fer pendant les 24 heures précédant le prélèvement, conformément aux instructions du médecin et du laboratoire, sans interrompre de traitement de sa propre initiative. L’alimentation contribue à soutenir les réserves de fer, qui existe sous deux formes principales.

La première est le fer héminique, présent dans la viande, la volaille et les produits de la mer, dont le taux d’absorption est élevé. Le fer non héminique se trouve dans les légumineuses, les légumes, les fruits à coque et les aliments enrichis. Son absorption peut être améliorée par la consommation de sources de vitamine C, notamment les agrumes, les tomates et les poivrons, avec les sources végétales de fer.

Toutefois, une modification de l’alimentation ne suffit généralement pas à traiter une carence en fer avérée, en particulier chez les femmes qui perdent régulièrement du sang à cause de leurs règles ou dont les besoins augmentent pendant la grossesse.

La revue de la Revue médicale canadienne considère une alimentation riche en fer comme un élément complémentaire d’un plan comprenant une supplémentation adaptée en fer et le traitement de la cause sous-jacente ayant entraîné l’épuisement des réserves.