Une hémorragie digestive chez une fillette égyptienne âgée d’un an et demi a conduit à la découverte d’une masse inhabituelle dans son estomac. Les examens complémentaires ont montré qu’elle contenait une formation embryonnaire malformée, dans le cadre d’une anomalie congénitale extrêmement rare appelée « fœtus in fœtu ». Une équipe médicale a réussi à retirer la masse et l’état de l’enfant s’est stabilisé après l’intervention.
Une endoscopie révèle la masse dans l’estomac de l’enfant
Le ministère égyptien de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a indiqué que la fillette avait été admise à l’Institut national du foie de l’université de Menoufia, dans le nord du pays, alors qu’elle souffrait d’une hémorragie digestive. Elle a subi des examens médicaux ainsi qu’une endoscopie digestive afin d’identifier l’origine de l’hémorragie. L’examen a révélé la présence d’une masse dans l’estomac.
Après la fin des évaluations médicales, les résultats ont montré que la masse contenait une formation embryonnaire malformée, correspondant à l’affection connue en anglais sous le nom de « Fetus in fetu ». Des médecins de l’institut ont expliqué, dans des déclarations rapportées par des médias égyptiens, que l’endoscopie avait joué un rôle essentiel dans la découverte de la masse. Celle-ci a ensuite fait l’objet d’une évaluation plus approfondie, en coordination avec l’équipe chirurgicale.
Le jeune âge de l’enfant et la localisation de la masse ont conduit les médecins à élaborer un plan précis pour l’intervention chirurgicale, avec la participation de plusieurs spécialités médicales. L’opération s’est conclue par le retrait de la masse et de la formation embryonnaire qu’elle contenait. L’état de la fillette est resté stable et elle a fait l’objet d’un suivi médical en période postopératoire.
Comment se forme un « fœtus in fœtu »
Le « fœtus in fœtu » survient lorsque l’un des jumeaux est retenu dans le corps de l’autre au cours d’une phase précoce du développement embryonnaire, puis se développe de manière anormale sous la forme d’une masse embryonnaire dont le degré de formation varie d’un cas à l’autre. Cette formation ne constitue pas un fœtus complet ni viable.
La masse peut contenir des parties évoquant la colonne vertébrale, des membres ou d’autres organes, à des degrés variables. La présence d’une structure axiale organisée, comme la colonne vertébrale et les os longs, aide les médecins à distinguer cette affection de certaines tumeurs qui peuvent lui ressembler. Elle serait probablement liée à des jumeaux monozygotes, mais son mécanisme précis reste à l’étude.
Dans certains cas, il peut être difficile de la distinguer de tératomes hautement différenciés. Le diagnostic repose donc sur plusieurs examens, dont l’imagerie médicale et l’examen histologique de la masse après son retrait. Une revue systématique récente portant sur 249 rapports de cas isolés et de séries de cas indique que la plupart des cas se manifestent au cours de la première année de vie.
La rareté de l’affection complique sa confirmation avant l’opération
La région rétropéritonéale de l’abdomen constitue le site le plus fréquent de la masse. L’incidence de l’affection est estimée à environ un cas pour 500 000 naissances vivantes. Les cas varient selon le degré de formation et la composition de la masse, et le diagnostic n’est pas toujours évident avant l’intervention chirurgicale.
Les examens d’imagerie aident à déterminer la nature de la masse et ses rapports avec les organes voisins. L’exérèse complète et l’examen histologique sont quant à eux essentiels pour confirmer le diagnostic.
La plupart des cas publiés ont connu une évolution favorable. Le cas de la fillette égyptienne se distingue par la présence de la masse dans l’estomac et sa découverte à la suite d’une hémorragie digestive.