Pétrole et énergie

Le Brent dépasse 109 dollars, tandis que les chargements sont suspendus à Yanbu et que trois sites libyens s’arrêtent

Les cours du pétrole ont bondi de plus de 3 % mardi. Le Brent a atteint 109,20 dollars le baril après la suspension des chargements de brut au port de Yanbu et l’annulation de certaines cargaisons saoudiennes vers l’Europe, parallèlement à l’arrêt des opérations sur trois sites pétroliers libyens.

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Le Brent dépasse 109 dollars, tandis que les chargements sont suspendus à Yanbu et que trois sites libyens s’arrêtent

Les cours du pétrole ont bondi de plus de 3 % mardi: les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,49 dollars, soit 3,3 %, à 109,20 dollars le baril, tandis que le West Texas Intermediate américain a gagné 5,08 dollars, soit 5,01 %, à 106,46 dollars, sur fond d’inquiétudes croissantes concernant les perturbations de l’approvisionnement au Moyen-Orient.

Cette tendance place les deux bruts sur la voie de leur plus haut niveau de clôture en près de quatre mois, alors que les principales routes maritimes restent perturbées et que les inquiétudes grandissent quant à la durée de l’interruption des exportations saoudiennes.

Suspension des chargements et annulation de cargaisons vers l’Europe

Des sources du secteur maritime ont indiqué que les chargements de pétrole destiné à l’exportation depuis le port de Yanbu, sur la mer Rouge, avaient été suspendus après l’attaque visant l’oléoduc saoudien Est-Ouest, ce qui a conduit le royaume à en interrompre temporairement l’exploitation. Les sources ont ajouté que l’Arabie saoudite avait informé certains clients européens de l’annulation de cargaisons de brut dont la livraison était prévue à la fin du mois de septembre.

L’oléoduc Est-Ouest s’étend sur 1 200 kilomètres à travers l’Arabie saoudite et transportait entre 4 et 5 millions de barils par jour, soit environ 4 % à 5 % de l’approvisionnement mondial. Il a gagné en importance au cours des six derniers mois, alors que le trafic pétrolier via le détroit d’Ormuz était perturbé.

Andy Lipow, président de Lipow Oil Associates, a déclaré que l’annulation de certaines cargaisons saoudiennes à destination de l’Europe avait renforcé les anticipations d’un recours des raffineries européennes au brut américain pour compenser le déficit, contribuant ainsi à la hausse du West Texas Intermediate. Il a ajouté que les opérateurs pariaient sur une interruption des exportations saoudiennes plus longue que prévu, avec une possible hausse de la demande pour les bruts légers américains.

Des données préliminaires de Kpler ont montré que le trafic des navires de matières premières via le détroit d’Ormuz était tombé à quatre navires lundi, contre dix la veille. Selon les données de la société, l’Arabie saoudite produisait environ 7,3 millions de barils par jour avant le déclenchement de la guerre et destinait près de 4 millions de barils par jour à l’exportation via Yanbu au moyen de l’oléoduc Est-Ouest.

Les solutions disponibles comprennent l’utilisation des stocks de Yanbu, le transport du brut vers le nord via le canal de Suez et l’oléoduc égyptien SUMED, ainsi qu’une augmentation des cargaisons via le détroit d’Ormuz malgré les risques pour la sécurité. Kpler a estimé que l’itinéraire du canal de Suez et de l’oléoduc SUMED pourrait théoriquement absorber jusqu’à 3,4 millions de barils par jour de brut saoudien sans passer par Bab el-Mandeb.

Des estimations divergentes sur la durée des réparations de l’oléoduc Est-Ouest

Les estimations concernant la date de la reprise de l’exploitation de l’oléoduc Est-Ouest divergent. Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a déclaré que les flux de pétrole via l’oléoduc pourraient reprendre dans quelques jours, précisant que l’évaluation des dégâts se poursuivait. D’autres sources estiment toutefois que les réparations pourraient durer entre cinq et six semaines, avec une possible reprise partielle des flux plus tôt, parallèlement aux travaux.

Goldman Sachs a indiqué que les estimations en circulation concernant la durée des réparations allaient d’un retour très proche à la normale à huit semaines. La banque a averti que les attaques contre les infrastructures pétrolières constituaient une forte escalade, augmentant la probabilité que le Brent dépasse 120 dollars le baril si les pertes de production des pays du Golfe se poursuivent.

Arrêt de sites libyens et pression sur les raffineries russes

Les pressions sur l’approvisionnement saoudien sont intervenues parallèlement à l’arrêt des opérations sur trois sites pétroliers en Libye, après que des protestataires appartenant aux gardes des installations pétrolières eurent fermé une vanne sur l’oléoduc Hamada-Zawiya. La Compagnie nationale libyenne de pétrole a déclaré qu’elle pourrait être contrainte de proclamer la force majeure si la fermeture se poursuivait ou s’étendait à d’autres champs.

Les attaques contre des installations énergétiques en Russie et en Ukraine ont également accentué les pressions sur les marchés des carburants. Trois des six plus grandes raffineries russes produisant du diesel ont fortement réduit leur production ou l’ont interrompue en septembre en raison de dégâts causés par des attaques de drones.

Hamed Hussein, économiste spécialiste du climat et des matières premières chez Capital Economics, a déclaré que les nouvelles attaques contre l’Arabie saoudite pourraient influer sur l’évaluation, par les investisseurs, de l’intensité et de la durée du conflit, alors que la flexibilité des routes d’approvisionnement mondiales diminue.

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