L’Arabie saoudite cherche à reprendre partiellement d’ici quelques jours l’exploitation de l’oléoduc Est-Ouest, après une attaque menée la semaine dernière par des drones lancés depuis l’Irak, qui a entraîné l’interruption de flux d’environ 4 millions de barils par jour. Le secrétaire américain à l’Intérieur, Doug Burgum, a déclaré que le royaume s’employait à réparer l’oléoduc le plus rapidement possible.
Les stocks permettent de poursuivre le chargement des navires
L’Arabie saoudite a annoncé, après l’attaque, l’arrêt préventif de l’oléoduc, à la suite de plusieurs frappes visant les régions de Riyad et de Médine.
Burgum a expliqué que les stocks de pétrole situés à l’extrémité de l’oléoduc permettaient de poursuivre le chargement des navires malgré son arrêt temporaire, appelant à se fier aux informations communiquées par Riyad sur l’état de l’oléoduc.
La société de données énergétiques Kpler a estimé lundi les stocks de brut à Yanbu à environ 9 millions de barils, contre une capacité totale des réservoirs d’environ 24 millions de barils. La durée pendant laquelle ces stocks pourront tenir dépendra du rythme des exportations.
Réparation des stations de pompage
La réparation des stations de pompage endommagées et le rétablissement de la pleine capacité opérationnelle pourraient prendre plus de temps que la reprise partielle des opérations. Michael Haigh, responsable de la recherche sur les matières premières à la Société Générale, a estimé que les travaux pourraient durer de 3 à 7 jours selon l’ampleur des dégâts, voire davantage en fonction des dommages subis par les canalisations.
Une voie alternative au détroit d’Ormuz
L’oléoduc Est-Ouest, connu sous le nom de Petroline, s’étend sur 1 200 kilomètres entre la région pétrolifère de l’est de l’Arabie saoudite, sur le golfe Arabo-Persique, et le port de Yanbu, sur la mer Rouge. Il permet d’acheminer le brut saoudien vers les marchés mondiaux sans passer par le détroit d’Ormuz.
Les exportations de brut saoudien depuis Yanbu ont dépassé 4 millions de barils par jour entre avril et juin, après que le royaume eut réacheminé davantage de brut en évitant le détroit d’Ormuz. L’oléoduc avait été construit au début des années 1980, à une époque où la guerre des pétroliers menaçait la navigation dans le golfe Arabo-Persique.
Un responsable de la Maison-Blanche a déclaré que les États-Unis dirigeaient des efforts visant à développer des infrastructures et des oléoducs supplémentaires au Moyen-Orient, afin d’acheminer le pétrole vers les marchés mondiaux sans passer par le détroit d’Ormuz.