L’observatoire de la Société omanaise d’astronomie et de l’espace au djebel Chams est entré dans une nouvelle phase avec l’inauguration d’un projet visant à le transformer en premier observatoire astronomique robotisé intégré de la société, exploitable et contrôlable à distance. Le projet a été réalisé avec le soutien d’Oman Oil Development Company, sous le patronage du ministre du Patrimoine et du Tourisme, Ibrahim ben Saïd al-Boussaïdi, afin d’élargir l’utilisation de l’observatoire pour la recherche scientifique, l’éducation et l’observation astronomique.
Le système robotisé gère les observations à distance
Le système robotisé permet d’utiliser les télescopes et la coupole et de suivre automatiquement les opérations d’observation, sans que l’observateur soit présent sur place. Le développement vise également à remédier à des problèmes qui avaient auparavant affecté le fonctionnement de l’observatoire, notamment la poussière et l’humidité, et à améliorer sa capacité à servir les chercheurs, les étudiants et les personnes intéressées par l’astronomie et l’espace.
Les travaux de développement ont notamment consisté à remplacer l’ancienne coupole par une coupole moderne s’ouvrant et se fermant automatiquement, qui peut être programmée et gérée à distance. L’observatoire a également été équipé d’un télescope optique principal de haute qualité, d’un diamètre de 16 pouces, conçu pour observer les détails d’objets lointains, notamment les nébuleuses, les galaxies et les amas stellaires.
Le dispositif a été complété par un télescope spécialisé dans l’observation solaire, qui permet de suivre les taches, les éruptions et les protubérances solaires, ainsi que par un télescope à grand champ destiné à balayer de vastes zones du ciel. Ce dernier est utilisé pour observer les phénomènes astronomiques étendus et suivre les comètes. L’observatoire a également été doté d’un ordinateur haute performance pour traiter les images et gérer les opérations de contrôle à distance, ainsi que d’une connexion internet à haut débit.
Une station météorologique protège les équipements de l’observatoire
Ses équipements comprennent une station météorologique intelligente qui mesure la température et l’humidité et envoie des commandes automatiques à la coupole pour la fermer en cas de pluie ou lorsque le taux d’humidité augmente, contribuant ainsi à protéger les instruments d’observation. Le directeur des projets astronomiques de la Société omanaise d’astronomie et de l’espace, Majed ben Mohammed al-Faraï, a déclaré que le nouveau système permettait aux chercheurs, aux étudiants et aux membres de la société de contrôler les télescopes, de suivre les phénomènes astronomiques et de les photographier depuis n’importe quel endroit du monde.
Cela permet de réaliser des observations et d’exploiter leurs données sans se rendre directement au djebel Chams. Selon les organisateurs du projet, l’observatoire peut notamment suivre les croissants des mois hégiriens, les météores, les comètes et l’activité solaire, tout en offrant un cadre de formation aux jeunes et aux personnes intéressées par l’astronomie et l’espace.
Depuis 2009, le djebel Chams a accueilli plus de 17 camps astronomiques familiaux, du Golfe et arabes, ainsi que plus de 20 ateliers et camps spécialisés. Mahmoud ben Saïd al-Amri, membre du conseil d’administration de la société et président de la commission du soutien et de l’investissement, a déclaré que le projet offrait aux élèves des écoles et aux étudiants des établissements d’enseignement supérieur et des universités la possibilité d’expérimenter l’observation et la photographie d’événements astronomiques.
Le projet élargit la formation des étudiants et le soutien aux activités
Il a ajouté que le projet soutenait également les compétences nationales et les petites et moyennes entreprises actives dans l’organisation d’événements et de camps scientifiques. Pour sa part, le ministre du Patrimoine et du Tourisme, Ibrahim ben Saïd al-Boussaïdi, a décrit le projet comme un modèle de partenariat entre le tourisme et les initiatives scientifiques, soulignant que le ciel sombre du djebel Chams pouvait contribuer au développement du tourisme scientifique et des activités d’observation des étoiles.
La cérémonie d’inauguration a également marqué le lancement de l’initiative « Le ciel d’Oman la nuit », une initiative nationale visant à explorer, documenter et protéger le ciel nocturne du sultanat, tout en mettant en valeur ses dimensions naturelle, scientifique, culturelle et touristique. L’initiative entend transformer la valeur naturelle, culturelle et astronomique du ciel en une ressource durable au service de la science, du tourisme, de la société, de l’environnement et de l’économie.
Le superviseur général de l’initiative, Ali ben Amer al-Chaïbani, a déclaré que son objectif était de transformer cette ressource naturelle en une valeur durable au service de l’être humain, de l’environnement et de l’économie, avec l’ambition de faire d’Oman une destination mondiale du tourisme astronomique. L’initiative cherche à réunir photographes, chercheurs, passionnés d’astronomie, institutions, secteur privé et communautés locales autour de cette démarche.
Dans le monde arabe, le projet a été précédé par l’observatoire du programme qatari de détection des exoplanètes « Khamasi », rattaché à l’université Hamad Bin Khalifa, considéré comme le premier observatoire robotisé arabe. Le programme était réparti sur trois sites, au Nouveau-Mexique, en Espagne et en Chine, et a découvert dix exoplanètes.
Il a été suivi par l’observatoire d’Oukaïmeden, au Maroc, un observatoire de recherche géré par l’université Cadi Ayyad et accessible à l’échelle mondiale pour les recherches astronomiques, puis par l’observatoire d’Al Khatim, aux Émirats arabes unis, qui réalise des observations astronomiques programmées à l’avance.