Le Canada cherche à attirer 1 000 milliards de dollars de nouveaux capitaux dans le cadre d’un plan piloté par le Premier ministre Mark Carney pour réduire la dépendance de l’économie envers les États-Unis, en orientant les investissements vers des projets dans l’énergie, les transports, les mines et l’intelligence artificielle.
Carney doit accueillir la semaine prochaine à Toronto quelque 200 hauts dirigeants du secteur financier, qui gèrent 120 000 milliards de dollars canadiens d’actifs mondiaux, soit environ 86 600 milliards de dollars américains.
Augmenter les allocations d’investissement au Canada
Le plan consiste à convaincre les investisseurs d’augmenter d’un point de pourcentage leurs allocations au Canada et à orienter les fonds vers 167 projets, notamment des oléoducs et gazoducs, des installations nucléaires, des projets miniers, des voies ferrées, des ports et des centres de données dédiés à l’intelligence artificielle.
L’initiative intervient après l’échec des négociations commerciales avec les États-Unis le mois dernier, alors que Carney cherche à élargir les relations du Canada avec les puissances intermédiaires et à diversifier ses liens économiques au-delà du marché américain.
Ottawa compte attirer les capitaux en s’appuyant sur sa note de crédit AAA et sa stabilité financière, dans un contexte de volatilité aux États-Unis.
Des investissements institutionnels attendus
Deborah Orida, directrice générale de l’Office d’investissement des régimes de pensions du secteur public, qui gère 320,6 milliards de dollars canadiens d’actifs, soit environ 231,3 milliards de dollars américains, a déclaré que les investisseurs internationaux étaient moins exposés au Canada qu’à d’autres marchés.
L’institution prévoit que ses investissements au Canada dépasseront 100 milliards de dollars canadiens, soit environ 72,2 milliards de dollars américains, au cours des prochaines années, soit une hausse de 30% à 40% par rapport à leurs niveaux actuels.
Le gouvernement cherche également à attirer des investisseurs de Wall Street, du groupe Dangote et de la China Investment Corporation, qui gère 1 570 milliards de dollars d’actifs.
La fiscalité et la productivité, deux défis pour le plan
Des chefs d’entreprise avertissent que la stabilité financière ne suffira pas à elle seule à attirer davantage de capitaux, soulignant la nécessité de réduire les impôts, d’accélérer la délivrance des permis et d’améliorer l’environnement réglementaire.
Le Canada est confronté à une crise de productivité et à la lenteur des réformes, tandis que les secteurs forestier, pétrolier et gazier et automobile se plaignent de la bureaucratie. Le Fonds monétaire international a estimé que l’impact des barrières commerciales entre les provinces équivalait à des droits de douane d’environ 9%.
Les craintes d’une prise de contrôle des actifs locaux
L’augmentation des investissements étrangers suscite des inquiétudes liées à la propriété des actifs, après que les deux tiers des investissements étrangers réalisés l’an dernier ont été associés à des acquisitions d’entreprises locales.
Carney mise sur des investissements ciblés pour renforcer le rôle du Canada dans le secteur de l’énergie et accroître ses exportations vers l’Asie et l’Europe. La mise en œuvre du plan dépendra toutefois de la capacité d’Ottawa à diversifier ses relations économiques et à s’attaquer aux problèmes de productivité, de fiscalité et de bureaucratie.