Le ministère français des Finances a déclaré samedi que le ratio de la dette publique au produit intérieur brut atteindrait 119.3% en 2026, son plus haut niveau depuis le début du suivi de la dette selon la méthode actuelle, à la fin de 1995, avant de monter à 121.7% en 2027.
Le déficit dépasse le plafond européen
Une source au ministère a expliqué que l’augmentation de la dette française se produisait « automatiquement » en raison de la « persistance d’un déficit élevé » dans le budget. Les ratios d’endettement prévus approchent le double du plafond de référence de 60% du produit intérieur brut, que les pays de l’Union européenne sont censés respecter.
Selon les règles de l’Union européenne, le déficit public, qui correspond à l’écart annuel entre les recettes et les dépenses, ne devrait pas dépasser 3% du produit intérieur brut. Mais le déficit a atteint 5.1% du PIB l’an dernier et le gouvernement prévoit qu’il s’établira à 5.4% cette année. La France fait par ailleurs l’objet depuis deux ans d’une surveillance particulière de l’Union européenne en raison de l’ampleur de son déficit.
Paris prévoit une baisse du déficit à 5% l’an prochain, parallèlement à la tenue prévue de l’élection présidentielle et à la fin du deuxième et dernier mandat du président Emmanuel Macron.
Réduction des dépenses du budget 2027
Le gouvernement a soumis son projet de budget 2027 au Haut Conseil des finances publiques, une instance indépendante de surveillance budgétaire, afin d’évaluer sa faisabilité du point de vue macroéconomique.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a déclaré jeudi que le gouvernement comptait procéder à des ajustements et réduire les dépenses de 54 milliards d’euros (62 milliards de dollars) dans le budget 2027. Le gouvernement a laissé au Parlement le soin de trancher certaines des mesures les plus sensibles à l’approche des élections, notamment une proposition visant à réduire les exonérations fiscales accordées aux retraités.
L’économie française ralentit depuis le troisième trimestre de l’année dernière, sous l’effet de la faiblesse de la consommation des ménages et de la hausse des prix de l’énergie due à la guerre américano-israélienne contre l’Iran.